Vatican

J’habite une petite ville. A peine quatre-mille habitants en hiver. Trente-mille l’été. Une petite station balnéaire du nord-Finistère dont on n’entend jamais parler.

Depuis le mois de novembre, le bâtiment central de cette ville est en réfection. Il semble que ce soit un chantier très important. L’église s’offre un ravalement de façade. Le blush, le fard à paupières et le rouge à lèvres coulent à flots pour rendre à cette vieille dame son lustre d’antan. Pour qui ? Pour quoi ? Je ne vais pas m’étendre ici sur mon paganisme exacerbé, ce n’est pas le sujet.

Je ne sais pas qui règlera l’addition. N’étant pas imposable de cette municipalité, je ne me suis pas permis de me renseigner en mairie. Au marché, le fromager m’a dit qu’il lui semblait que l’épiscopat se chargerait de la douloureuse. Ok, très bien, fin de l’article.

Cependant.

Cependant, je doute fort que les renseignements de ce cher Fernando soient justes. Je connais une autre petite ville dont l’église a brûlé voici au moins trente ans. Elle n’a jamais été restaurée. Les rares ouailles se pressent dans une salle communale pour les offices dominicaux du dimanche matin.

Le Vatican se fout de ses église comme de l’an 40. Quoique en 1940… Bon, je vais éviter le procès.

Il me semblait que le Vatican était le premier ou le deuxième pays le plus riche du monde grâce notamment aux trésors de ses caves. Pour m’en assurer, j’ai opéré une recherche sur un moteur du même nom. Surprise ! Dans les listes officielles de PIB et autres, le Vatican n’apparaît pas, carrément. Je suppose que la pudeur de l’état catholique lui interdit de se positionner derrière Tuvalu, c’est à dire en dernière place. A moins que le petit millier d’habitants ne suffise pas à produire les calculs nécessaires (il me semble maintenant que Monaco n’apparaît pas non plus dans la liste).

N’importe qui d’un peu informé sait que les dignitaires religieux ont amassé en mille-cinq-cents ans des centaines de milliers d’oeuvres d’art. N’en déplaise à certains articles orientés qui affirment que les coffres du Vatican sont vides, je n’y crois pas une seule seconde. Dans ma propre famille, certaines personnes versent encore annuellement des sommes non-négligeables au denier du culte. En outre, les lieux de pèlerinage, les quêtes, les cierges sont également des sources de revenus à prendre en compte. J’avoue que je n’ai pas la moindre idée de ce que deviennent ces dons mais je doute fort qu’ils finissent dans les poches des curés de campagne.

Je vais creuser un peu pour savoir qui règle la note de l’église de ma ville. Et si c’est la municipalité, j’espère que c’est pour y installer des logements sociaux.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

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