Confinement sous-marin

S’il est une communauté qui ne redoute pas plus que cela le confinement imposé actuellement à la moitié de la population terrestre, c’est bien celle des sous-mariniers.

Imaginez-vous que les sous-marins français partent en mission pour des durées pouvant aller jusqu’à deux mois et demi. En gros, soixante-quinze jours. Dans ce cas, les marins sont complètement coupés du monde à tel point qu’ils ne reçoivent aucune nouvelle de leurs proches ni des turpitudes du monde de surface. C’est assez étonnant, mais le commandant est le seul habilité à savoir si une catastrophe s’est produite quelque part dans le monde. Lui seul décide des informations qu’il communiquera à son équipage. En général, s’il s’agit d’une bonne nouvelle, il s’empresse de la faire circuler afin que le moral des hommes gagne en positivité (genre la victoire en coupe du monde). En cas de mauvaise nouvelle, il s’abstient de mettre qui que ce soit au courant tant que son bâtiment n’est pas directement concerné. Si un membre d’équipage est frappé d’un deuil, il ne l’apprendra qu’au moment du débarquement de la bouche de son supérieur. Ces précautions visent à garder intact la cohésion et le moral de l’équipage. Inutile de savoir que sa grand-mère est morte quand, de toutes façons, quel que soit x, vous ne pourrez pas vous rendre aux obsèques à Perpète-lès-Ours étant  donné que vous naviguez par deux-cents mètres de fond au large du Groenland.

D’après ce que j’ai entendu dans un reportage télévisé, mais je n’étais pas très attentif au début, dans un sous-marin lanceur d’engins classique, environ cent-cinquante marins vivent dans moins de cent-vingt mètres carrés. Donc nettement moins d’un mètre carré par personne. Voilà du confinement qu’il est bon ! Et inutile de remplir une attestation pour aller faire son jogging au milieu des morues et des langoustines.

Le pacha interrogé par le journaliste avança une information fort intéressante pour nous tous, misérables insectes de surface. D’après des études très sérieuses, les membres de l’équipage d’un sous-marin démontrent des premiers signes de nervosité, à cause du confinement inhérent à leur condition, le quarantième jour (il paraît que certains veulent à tout prix ouvrir la fenêtre, que d’autres hurlent à la mort et qu’un tout petit nombre exige du rab de frites). Reste à espérer que le 19 avril ne soit pas le jour de la nervosité terrestre.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

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