Ménage de (fin de) printemps

Bonjour tout le monde, vous pouvez vous asseoir.

Vous êtes nombreux (?) à me demander des conseils en matière de littérature car mon érudition en l’espèce frôle les sommets (les sommets des monts d’Arrée, mais des sommets tout de même).

Dans un futur article, je vous prodiguerai des conseils pour parfaire votre culture romanesque, mais aujourd’hui, j’ai décidé de vous aider à faire de la place dans votre bibliothèque en éliminant plusieurs de ces livres que vous n’avez jamais lus et qui ne méritent pas de contribuer à votre dégénérescence maculaire. Je pars du principe qu’il est impossible de tout lire, sauf si votre rythme de lecture atteint le millier de livres par jour, ce qui, avouez-le, laisse peu de temps aux autres activités (mais existe-t-il d’autres activités dignes de ce nom ?). En effet, un calcul relativement simple m’amène à évaluer à un million, à une vache près, le nombre de romans écrits depuis l’origine de la création (oui, oui, je vous entends déjà marmonner dans votre rouge à lèvres car vous vous demandez d’où je sors ce nombre improbable, je vous répondrais que je ne cite pas mes sources, je ne suis pas une balance, non mais…).

Considérant que cinq-cent-mille de ces bouquins sont loin d’entrer dans la catégorie « oeuvres impérissables », voici ceux que vous pouvez exclure de vos rayonnages sans remords ni scrupules (je précise qu’un livre ne se jette pas, allez donc déposer les inutiles dans la cabane à livres la plus proche de votre domicile).

  • La collection Harlequin, refuge d’inepties ne méritant certes pas le nom de littérature ; ajoutez-y tous les romans de Danièle Steel issus du même cloaque (pour les grincheux, je précise que j’ai lu un objet écrit par les pieds de madame Steel, depuis ma table de nuit me fait la gueule).
  • Les « classiques ». Bon, je sais que je vais recevoir un très nombreux courrier, mais j’ai choisi de jouer franc-jeu. Ce qui est appelé pompeusement les « classiques », devrait être rebaptiser les « illisibles », ou les « emmerdants » ou les « vieilles barbes qui étaient déjà d’un chiant abyssal à leur époque alors aujourd’hui, je ne vous dis même pas ». Pêle-mêle, n’hésitez pas à vous débarrasser de : Montaigne qui est carrément le champion de l’écriture surannée et incompréhensible, tout juste bonne à casser les noeils des étudiants en lettres modernes, Molière dont les pièces sont à la fois illisibles, inaudibles et invisibles (?), et si jamais vous n’êtes pas d’accord avec moi, sachez que je m’en bats les steaks (je précise que la Comédie française a grandement contribué à la déchéance de Jean-Bapt’), Proust parce que je l’ai commencé deux fois et ne suis pas parvenu à dépasser la page vingt, Duras parce que Duras, Yourcenar parce que si cette dame écrit à la perfection, elle oublie de raconter des histoires, remarquez son oeuvre peut avantageusement remplacée les somnifères, Tolkien parce que l’héroïc-fantaisy est une erreur culturelle, Roth parce que la littérature US contemporaine voisine la bouse autocentrée, l’essentiel de la littérature russe parce que je ne parle ni ne lit le Russe.
  • Les ceusses qui se regardent écrire. Je reconnais que cet intitulé laisse un peu à désirer mais il présente l’avantage de mal dire ce que je veux dire. Deux auteurs français illustrent parfaitement cette catégorie, Rufin et Teulé. Deux auteurs qui s’imaginent déjà dans Lagarde & Michard alors qu’ils méritent à peine le Readers Digest.

Voilà une liste non-exhaustive qui devrait vous permettre de libérer de l’espace dans votre F2 en prévision du prochain confinement. Ne me remerciez pas.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un commentaire sur “Ménage de (fin de) printemps

  1. « Je me suis montré tel que je fus; méprisable et vil quand je l’ai été, bon, généreux, sublime, quand je l’ai été : j’ai dévoilé mon intérieur tel que tu l’as vu toi-même ». En pleine re lecture de classiques dont pour certains je ne me lasse pas … Mon chouchou est bien entendu Don Quijote de la Mancha ! Néanmoins, je suis assez d’accord pour dire que Barjavel, Allende et Vargas trouvent une place particulière dans ma modeste Bibliothèque. A lire et à relire. Merci pour ces belles découvertes.

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