Ta mère en short

Je me fais vieux. A tel point que la langue française évolue plus vite que moi.

Je viens d’apprendre que le terme « beurette » était aujourd’hui une insulte. Je dois reconnaître que je n’ai jamais trouvé très malin d’utiliser les termes « beur » et « beurette », mais c’était surtout parce que j’entendais « beurre ».

Quoiqu’il en soit, les réseaux se déchaînent à propos de je ne sais plus qui qui s’est servi de ce mot et qui se fait traîner dans la boue, traiter de raciste et de sexiste. Car aujourd’hui, « beurette » est un terme raciste et sexiste. Après tout, pourquoi pas. La langue évolue, notamment et essentiellement par l’oral. Mais tâchez les ceusqui ont décidé cela, de mettre les autres au courant. Ce n’est pas très difficile de faire passer un article dans le journal officiel ou Mickey Magazine, sacrebleu !

Une jeune femme bien comme il faut expliquait cette évolution lexicale dans une émission de télévision, demandant au passage vingt ans de réclusion et une annulation du permis de conduire pour le fautif au vocabulaire désuet. Ce qui est amusant, c’est que la personne étayait son propos en affirmant que « beurette » était synonyme, de nos jours, de « fille facile », pour rester poli. Mieux encore, elle s’emballa en affirmant que « beurette » était le féminin de « beur » (très bonne analyse grammaticale), lui-même issu du mot « arabe » en verlan.

Petite analyse lexicographique (sans guillemets parce que ça va bien deux minutes) : arabe en verlan donne beraa, d’où par déformation, beur. Beur a reçu lui-même une version de verlan qui donne rebeu. Rebeu qui en verlan donne beur. Et la boucle est bouclée. Étonnant non ?

Je ne sais pas si beur, renoi, noich sont des termes racistes. Ce que je sais c’est que les beurs, les renois et les noichs utilisent ces termes entre eux (et même pour faire du cinéma : « Beur sur la ville » de Djamel Bensalah), de là à y voir du communautarisme, il n’y a qu’un pas (que je ne franchirai pas, ne vous méprenez pas, mais que certains vont assurément ressortir lors de débats vains entre politiques inutiles).

Je n’arrive pas à trancher. Pourtant, je comprends que « beurette » soit considéré comme stigmatisant par des jeunes femmes qui font tout ce qui est en leur pouvoir pour s’intégrer dans une société qui est déjà la leur (en effet, c’est un paradoxe).

Le mot « blanc » ne se prête pas au jeu du verlan. « Anbl » sonne si mal que personne n’a jamais tenté de l’imposer, sauf mon ami palefrenier, mais ceci est une autre histoire.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

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