Pas trop Nîmes

Je ne sais pas vous, mais moi je déteste mon nom de famille (c’est pourquoi j’ai choisi d’écrire sous le pseudonyme de Louis Auguste d’admirables ouvrages en vente à des prix raisonnables sur le site auquel il manque un sein : Clipperton junior, Dossiers froids, une enquête d’Isidore Lune et L’institut des profs dépressifs ; tapez le titre désiré dans la barre de recherches ; en vous remerciant). Voilà bien longtemps, dans une émission de haute tenue, encensée par Télérama, Cocoricocoboy, un sketch présentait un vilain patron exploiteur, ou un truc approchant, sur le bureau duquel trônait une petite plaque de cuivre annonçant son nom de famille. Muet d’horreur, j’avais déchiffré mon propre patronyme. Je ne m’en suis jamais remis.

J’aurais tant voulu porter l’un de ces patronymes bretons aux sonorités mystérieuses : Scouarnec = aux grandes oreilles ; Le Gac = le bègue ; Le Floch = le jeune garçon ; Pouliquen = petit lac blanc ; Troadec = aux grands pieds ; Le Bleiz = le loup ; Penanhouat = l’extrémité du bois.

Ou un nom de famille attestant de la profession d’un de mes ancêtres : Boulanger, Maréchal ou Ferrand, Vannier, Labbé (mouais bof, en plus question descendance, en principe…), Tyran (oui, oui, ça existe, mais est-ce un métier ?), Proxénète (nan, je déconne).

Il existe une congrégation appelée « L’association des handicapés patronymiques ». J’ai un moment hésité à y adhérer, mais en découvrant l’identité de certains membres, je ne me suis pas senti à la hauteur de : Meurdesoif, Le Rigoleur, Bonnichon, Labitte, Cocu, Baresi…

En vérité, j’aurais voulu porter un patronyme classe, mais qui fasse lever les sourcils du fonctionnaire à l’état civil. Par exemple Monsieur. Se présenter en tant que monsieur Monsieur, je trouve que c’est le summum de l’élégance, même si les prises de rendez-vous au téléphone doivent être cocasses. Monsieur Madame c’est bien aussi. Un prénom féminin, j’aurais bien aimé également. Monsieur Marie ou monsieur Odile.

Tant que j’y suis, je voudrais vous exposer un cas très particulier de patronyme qui a toujours titillé mon neurone. Pour suivre mon raisonnement, il est utile, mais pas indispensable, de connaître un peu le mode du football. Dans les années 80, évoluait dans le championnat français, notamment au R.C. Lens, il me semble, un joueur nommé Daniel Xuereb (vérifiez sur vos vieux Paninis, pas les sandwichs, bande de nouilles, les albums de vignettes). Lors d’un séjour à Malte (c’est nul, n’y allez pas, ou ne venez pas vous plaindre ensuite), discutant avec le barman de l’hôtel, j’appris, inopinément, qu’il s’appelait également Xuereb, et qu’il était très fier d’avoir un homonyme footballeur. Je compris donc que Xuereb était d’origine maltaise. Pourtant, je continue à douter. En effet si vous pratiquez l’art du boustrophédon, vous savez que Xuereb, inversé, donne Béreux. Un patronyme bien classique celui-là.

Vous connaissez sans doute le ventriloque Jeff Panacloc. Connaissez-vous son vrai nom de famille ? C’est Colcanap (tisserand en breton). Rigolo, non ?

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

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