Vraies phobies

Je suis herpétophobe. Pour ceux d’entre vous, cher lectorat attentif, qui auraient séché les cours de grec ancien, l’herpétophobie est la peur des serpents. Le seul fait de l’écrire me fait frissonner, et je me suis levé pour regarder sous mon canapé. Ouf, à part quelques araignées et des brebis égarées, mon logement n’abrite aucune espèce animale.

Par définition, les phobies ne sont pas maîtrisables. Mais l’herpétophobie est carrément incompréhensible. En gros, en Bretagne nord, je suis à l’abri en ce qui concerne les animaux se mouvant sur leur estomac. Peu importe. Plus petit, j’ai été confronté deux fois à des vipères. De loin. Pourtant, j’y pense presque tous les jours. Un mur de pierre ou un talus herbeux sont des cauchemars pour moi. Je ne peux pas regarder des scènes de films, voire des documentaires, mettant en scène des serpents. C’est complètement con. Mais c’est un peu la définition de la phobie.

Le problème, c’est que je ne suis pas que herpétophobe (aux yeux qui se révoltent facilement quant au choix du lexique, je précise que je vais faire preuve de néologismie exacerbée). En effet, je suis saurienophobe, ma pire peur du monde, c’est d’être bouffé par un crocodile (là aussi, en Bretagne nord, je suis plutôt tranquille, je le reconnais), je suis cynophobe (et encore plus propriétairedechienophobe), je suis limaçophobe (aucune explication), et (là aussi je tremble en écrivant), je suis parasitophobe. En détails, je suis tiquophobe (3è aux championnat du monde 2017), puçophobe, punaisedelitophobe, pucedeparquetophobe, pouophobe. D’ailleurs, si leur dieu existe, lorsque je le rencontrerai, juste avant qu’il me condamne à rôtir en enfer pour l’éternité (je m’en fous sauf si l’enfer est peuplé de crocodiles et de limaces), je lui demanderai pourquoi il a créé les parasites. Je suppose qu’il venait de créer la vodka-bison et qu’il était saoul comme un Polonais (d’ailleurs, quelle idée de créer la Pologne…).

Au fond, je finis par me demander si je ne suis pas juste animalophobe. Sauf que j’aime les chats crus et les cochons cuits.

Les phobies liées aux animaux sont extrêmement courantes. Mais je suis phobique de tout un tas d’autres choses.

Je suis téléphonophobe (depuis mon plus jeune âge, j’ai l’impression, à chaque fois que je décroche le téléphone que je vais apprendre une mauvaise nouvelle, alors, je ne décroche pas, ou peu), je suis psyophobe (donc inutile de me dire d’aller voir un psy pour régler mes phobies), je suis nosocomephobe (ce mot existe, n’en déplaise à la vaguelette rouge, il s’agit de la peur des hôpitaux), je suis fautedorthographophobe (le pire, c’est que j’en commets, donc je m’auto-fait peur), je suis parfumophobe (là je parle des parfums synthétiques qui me donnent mal à la tête et qui devraient être interdits dans les lieux publics ; je rappelle, au passage, que les hommes ont inventé les parfums pour dissimuler les odeurs corporelles ; donc lavez-vous et cessez d’utilisez ces saloperies), dans le même genre je suis maquillageophobe et épilagedesourcilophobe, je suis aquaphobe (beaucoup plus classique, certes, mais très ennuyeux), je suis théâtrophobe (et plus particulièrement théâtreclassiquophobe), je suis poissonophobe (je ne classe pas cette phobie dans les phobies animales car je suis plus spécifiquement arêtedepoissonophobe, ce qui fait que je ne mange jamais de poisson), je suis capotophobe (je ne développerai pas pour ne pas donner de mauvaises idées à mes jeunes lecteurs), je  suis bien sûr avionophobe, je suis fleurophobe (plus exactement fleursurlatablependantquonmangeophobe), je suis fragilophobe (je déteste les choses fragiles car je redoute de les casser).

Enfin, cerise sur le gâteux, je suis phobophobe. Dingue, non?

La phobie, c’est la peur de ou la haine de. Mais a-t-on peur de ce qu’on hait ? Ou haïssons-nous ce qui nous fait peur ? Vous avez quatre heures.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

8 commentaires sur “Vraies phobies

  1. 😀

    Il y a un truc que je ne comprends pas : tes lecteurs seraient-ils Jourdhumeurophobes pour déserter ainsi ce blog drôle, joyeux et plein de seconds degrés, même si l’on soupçonne l’auteur du trouble, de ne pas l’être autant que sa tournure d’esprit voudrait bien le faire croire ?
    Je m’amuse beaucoup chez toi, alors je récidive dans le « rebloggage » !…

    J’aime

  2. Personnellement, après avoir tant hésité à l’afficher aux yeux de tous, je suis hélicobitophobe. Je pense qu’il y a encore moins d’hélicobitomaniaque par chez moi que de reptiles en Bretagne Nord, que j’adore au passage, et pourtant je suis l’esclave de cette phobie.
    Oui, rire c’est plutôt une bonne solution !

    Aimé par 1 personne

      1. Au risque de choquer, l’hélicobite, qui n’a rien à voir avec les escargots, est celui qui fait tourner sa bite comme les pales de l’hélicoptère.
        Oui je sais, ce n’est pas d’une haute tenue intellectuelle, mais j’aime bien…
        J’aime bien les escargots aussi !

        J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s