Simple calcul merde !

Actuellement, je lis un roman de Luca Di Fulvio (l’auteur de l’excellent Le Gang des rêves) intitulé L’Echelle de Dionysos. La trame de l’histoire débute le trente-et-un décembre 1899. Et le problème s’installe. L’auteur ne cesse d’annoncer le lendemain, et le nomme le premier jour du nouveau siècle… (ce que je vais écrire ensuite pourrait très bien trouver sa contradiction dans la suite du livre, dans ce cas je ne manquerai pas de vous le faire savoir, cher lectorat attentif)

Un auteur aussi érudit et intelligent que Luca Di Fulvio peut-il commettre une telle erreur en toute conscience ? Et comment son éditeur italien, son relecteur italien, son correcteur italien, son éditeur français, son relecteur français, son correcteur français, comment aucune de ces personnes ne lui a soufflé à l’oreille qu’il écrivait une grosse connerie ?

Pour ceux d’entre vous qui se demanderaient de quoi je parle, je rappelle un fait simple à comprendre, même pour un éditeur de base, l’an zéro n’a pas existé. Point à la ligne, bonne nuit et n’oubliez pas votre masque.

C’est quand même marrant que des gens censés propager la connaissance et la culture laissent passer une telle coquille dans un roman destiné à un lectorat assez élargi. Quitte à passer pour un fondamentaliste de la lecture, j’avoue que la bourde de Luca Di Fulvio gâche, ce n’est rien de le dire, ma découverte de son intrigue.

Mais revenons aux fondamentaux. Aux alentours de l’an 200, qui n’était alors que l’an rien du tout, des hommes décidèrent de créer un nouveau calendrier pour contrer celui de l’empire romain qui commençait à décliner sérieusement (à noter qu’il faudra attendre le 16è siècle pour que ce calendrier soit adopté par la plupart des états, mais peu importe). Ces personnes étaient de confession catholique et décidèrent d’établir les bases de leur nouveau calendrier sur les dates de monsieur Christ. Or l’existence de cet homme prête à controverse, c’est le moins qu’on puisse dire. De plus personne ne sait si les rigolos ont choisi la mort ou la naissance de monsieur Christ pour commencer leur nouveau calendrier. C’est pour cette raison qu’un historien digne de ce nom vous apprendrait que techniquement nous ne savons pas en quelle année nous sommes. En gros, nous évoluons quelque part entre 2014 et 2026. Quoiqu’il en soit, même si ces personnes n’avaient pas inventé le fil à couper l’eau tiède, ils réussirent à se mettre d’accord pour débuter leur invention en l’an 1 et non en l’an 0. Par exemple, le premier siècle commence en l’an 1 et se termine en l’an 100. Ce n’est pas difficile à comprendre merde ! Rappelez-vous du pataquès de l’an 2000 et de son bug. Les gens ont confondu le problème numérique et le passage au vingt-et-unième siècle. Les informaticiens craignaient que leurs super-machines n’acceptent pas le double zéro, et par conséquent ils redoutaient une catastrophe mondiale. Je connais quelqu’un qui fut d’astreinte la nuit de la Saint-Sylvestre 1999/2000, dans une grande entreprise, pour empêcher les avions de s’écraser. Comme vous le savez les machines ne prirent pas le pouvoir. En revanche, les élus oublièrent de se servir de leurs neurones (comme souvent me direz-vous) et organisèrent nombre de festivités pour fêter non seulement le nouveau siècle, mais encore le millénaire tout neuf. Cette bande d’andouilles se rendit compte de sa bévue et ni vu ni connu, remit le couvert l’année suivante. Certains se croyant plus malins que les autres affirmèrent toute honte bue que 2000 marquait le nouveau millénaire et 2001 le vingt-et-unième siècle… Quelle troupe de crétins !

L’étude du temps découpé par les êtres humains est passionnante. Par exemple, quand l’église catholique décida d’adopter définitivement le nouveau calendrier, baptisé calendrier grégorien, elle se rendit compte (ne me demandez pas comment) qu’il manquait onze jours. Le lendemain du 4 octobre 1582 fut le 15 octobre 1582 ! Vous imaginez le bordel dans les campagnes analphabètes pour leur expliquer le bousin ! Autre particularité du temps humain, c’est la durée d’une année. Une année dure en gros 365 jours un quart, d’où la nécessité de rajouter un jour tous les quatre ans pour équilibrer le tout. Sauf que les années bissextiles ne reviennent pas tous les quatre ans comme on le croit généralement. En effet, les années en double zéro comme 2000 ou 1400, divisibles par quatre donc potentiellement bissextiles, ne le sont pas.

Voilà voilà. J’ai mal à la tête. Je préviens les grincheux que je suis conscient que mon propos n’est en rien scientifique et certainement discutable (voire confus). Toutefois, je vous assure que globalement c’est la vérité.

C’est tellement compliqué que je propose un tout nouveau calendrier qui commencerait en l’an de grâce 1998. On instaurerait un jour férié mondial obligatoire, le douze juillet.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

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