A hue et à dia, bête.

Ce n’est pas très rigolo d’être diabétique, mais soyons honnête, il y a pire. Nettement pire. (et j’utilise le pluriel de majesté si je veux)

C’est assez embêtant d’avaler quatre comprimés par jour, mais moins que de se faire des piqures d’insuline, pour les diabétiques de type 2 (ou 1 je ne saurai jamais), ou de subir une chimiothérapie qui vous vide au sens propre comme au sens figuré, trois fois par mois.

Ce qu’il y a de bien avec le diabète, c’est que c’est une maladie extrêmement commune. Dans le monde occidental, en gros l’Europe, l’Amérique du nord et l’Océanie, nous sommes presque deux-cent-millions, sans compter les diabétiques qui s’ignorent. Pour les laboratoires pharmaceutiques, nous sommes une rente absolument incroyable, de l’ordre d’une centaine de milliards d’euros par an. Alors nous sommes chouchoutés. Les chercheurs mettent constamment au point de nouveaux traitements, de nouveaux testeurs de glycémie, des puces implantables et tout le saint-frusquin. Le taux de complication chez les diabétiques est de 15%. C’est relativement peu, même si les complications en question peuvent prendre des proportions cataclysmiques (amputation, cécité…). Mais, en gros, si vous prenez sérieusement votre traitement et si vous vous montrez raisonnable avec le sucre et l’alcool, en principe vous gardez vos jambes au moins jusqu’à soixante-dix ans.

Nous, les diabétiques, nous sommes très bien soignés.

En revanche, nous ne serons jamais guéris. En effet, pourquoi les laboratoires tueraient-ils la poule aux œufs d’or ? La rente annuelle ? Il faut bien comprendre que trouver un remède définitif contre le diabète serait une catastrophe économique. Les patrons de laboratoires ne pourraient plus ancrer leur yacht à Ibiza ou à Punta Cana. Ils devraient congédier une partie de leurs domestiques et le petit dernier ne pourrait plus étudier dans cette école suisse à vingt-mille boules le mois. Il faudrait délocaliser les usines en Asie du sud-est et payer une misère des enfants pour mettre les cachets en plaquettes. La bourse étasunienne flancherait une nouvelle fois. Alors non, les chercheurs améliorent les conditions de vie des diabétiques pour qu’ils durent le plus longtemps possible, mais hors de question de les guérir. D’abord, c’est de leur faute à ces connards, ils n’avaient qu’à pas se gaver de fraises Tagada et de Southern Comfort. Et ils râlent en plus. Je te les foutrais tous dans des camps ces abrutis. Déjà qu’on se casse le tronc pour qu’ils gardent leurs arpions et ne soient pas obligés de demander une canne blanche au Père Noël. Salauds de pauvres !

Pardonnez-moi, cher lectorat attentif, je m’emporte. Mais bon, être atteint d’une maladie incurable parce que les laboratoires pharmaceutiques sont dirigés par des gros enculés, c’est assez difficile à digérer. En plus, je n’ai jamais aimé les fraises Tagada.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s