Garde-à-vous

Samedi 18H58, je m’apprête à quitter mon domicile pour me rendre à un dîner en ville. Le temps d’avaler mon louzou et hop en avant Guingamp. Catastrophe ! Ma plaquette est vide et, malgré ma réputation de grand prévoyant devant l’éternel, je n’ai pas de réserves. Trop tard pour me rendre à la pharmacie. Je n’en mourrai pas, je peux attendre demain dimanche et l’officine de garde. Je ferai attention à mon sucre, voilà tout.

Bonne soirée. Bonne nuit. Réveil à la première heure pour rechercher et contacter la pharmacie de garde. J’habite une commune de 9000 habitants comportant quatre pharmacies et, de plus, il en existe une ou deux autres dans des petites villes limitrophes. Je déniche sur internet le numéro national qui délivre aux demandeurs l’adresse de la pharmacie de garde la plus proche de chez eux (pour info 32 37). Je compose. Et je tombe sur un robot. Bon, il fait son boulot pépère. Je ne peux pas lui reprocher grand chose. Il m’annonce que trois pharmacies se trouvent ouvertes à proximité de chez moi. Une à 20 bornes, l’autre à 22 bornes, la troisième, dont ni le nom ni la ville ne sont précisés, se situe également à plus de vingt kilomètres. WTF !

Je résume. Un dimanche lambda (23 août), dans une province française raisonnablement peuplée et desservie par des axes routiers fort bien carrossés, il est impossible de trouver une pharmacie de garde à moins de vingt putain de bornes de chez vous ! Pendant un moment, j’ai cru que je faisais un cauchemar. Et encore, si cela avait été ultra-urgent, j’aurais pris ma voiture et je les aurais bouffées ces vingt bornes. Car je possède un véhicule motorisé qui me permet de me déplacer d’un point A à un point B sans demander à la sécurité sociale de me rembourser l’essence. Mais ce n’est pas le cas de tout le monde. J’imagine la petite dame âgée qui habite en périphérie du centre ville, qui irait à pied au centre malgré ses rhumatismes qui lui font souffrir le martyr mais qui se voit ans l’obligation de faire appel à un taxi ou un vsl pour une malheureuse boite de gélules. Sans le vouloir, elle coûtera un billet de cent à la sécu, parce qu’un connard de pharmacien doit bouffer son gigot d’agneau avant d’aller faire mumuse avec sn bateau de merde !

Alors, je sais ce que vous allez nous dire à la petite dame et à moi. Soyez prévoyants ! Je vous répondrais que je vous emmerde et que j’ai fait troisième aux championnats du monde de la prévoyance en 1996. C’est la première fois que je me trouve en panne de médocs. Et puis, dans un pays civilisé (?), ne sommes-nous pas en droit d’attendre qu’un service payant comme les apothicaires se bouge le cul pour que le dimanche une population de quinze-mille habitants, à la louche, puisse dégoter une pharmacie dans un rayon de moins de dix kilomètres ? Quand je pense au fric indécent que se font les pharmaciens, je me dis qu’ils devraient être obligés d’assurer une permanence dominicale toutes les six semaines, et avec le sourire, na !

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s