Zombieland(ivisiau)

Je le confesse, cher lectorat attentif, les zombies exercent sur moi une fascination morbide. Non pas que je crois à l’existence des morts-vivants (quoique…), mais j’aime toute la culture underground (?) autour de ce phénomène. Le nec plus ultra c’est WD (Walking dead, pour les non-initiés) que je traduirais par « la mort en marche », n’en déplaise aux anglicistes chevronnés. A l’origine, WD est un comics étasunien créé par Robert Kirkman et Tony Moore auquel succédera Charlie Adlard. Pour les puristes, dont je faisais partie jusqu’à la découverte de WD, il faut bien reconnaître que le dessin, qui lorgne parfois du côté du manga, n’est pas le point fort de l’œuvre. Dans un premier temps de lecteur en tous cas. Petit à petit, le trait de Moore, puis celui identique d’Adlard, donne son identité à l’histoire. Le point fort de WD, c’est son scénario. Kirkman est un malin. Si les scènes d’horreur ne manquent pas, il faut bien que les zombies se nourrissent, la véritable morale de WD réside dans l’affrontement sans pitié entre les survivants. Les méchants comme Negan sont particulièrement réussis, mais les gentils ne sont pas des personnages de Disney. Ils cachent presque tous une âme sombre qui fait le délice de l’amateur de rebondissements scénaristiques. Le succès de WD a été tel que les créateurs ont succombé aux sirènes de l’argent et étiré à l’infini le filon. Du moins, c’est ce que tout lecteur croyait quand sortait, deux fois par an, un nouveau tome de la saga. Et puis, coup de théâtre, l’an dernier, Robert Kirkman décide de tuer sa poule aux œufs d’or au moment où des millions de lecteurs dans le monde s’attendaient à lire les aventures de Rick et de ses camarades jusqu’à la fin de leurs jours, ou au moins jusqu’à la fin des jours de Kirkman. C’est très courageux de mettre fin à une histoire qui aurait pu s’éterniser sans lasser les aficionados. Je connais très peu de cas semblables notamment dans le monde de la BD. William Vance, dans les années quatre-vingts, n’hésita pas à tuer certains de ses héros dans Bruno Brazil, ce qui, à mes yeux, confère à cette série un statut à part dans ma bédéthèque (si vous êtes amateurs de BD des années 70/80 et que vous ne connaissez pas Bruno Brazil, précipitez-vous chez votre marchand favori, c’est absolument génial et, l’épisode « Quitte ou double pour Alak 6 » est vraisemblablement la meilleure BD jamais publiée sur le sol français). Certaines mauvaises langues affirment que Kirkman n’écrivait plus depuis belle lurette les scénarii de WD car il profitait jour après jour de sa villa aux Bermudes. Au fond, peu importe, je n’ai jamais boudé mon plaisir. Le succès était tel que la franchise WD fut déclinée sur d’autres supports. Ecartons, les romans de très mauvaise qualité, pour nous pencher sur la série télévisée. Bien qu’elle ne soit pas strictement fidèle à la BD, elle développe l’univers de Kirkman de manière plus qu’honnête, même si la communauté des fans du comics a rejeté en bloc cette adaptation (notamment la 3è saison qui faute de financement suffisant se déroule presque intégralement dans un même lieu). Le coup de génie fut de créer une nouvelle série dérivée de WD. Elle se nomme « Fear the walking dead » (en gros, « La peur de la mort en marche »). Cette histoire n’existe pas en comics et narre les aventures parallèles de nouveaux personnages. C’est, à mon sens, une grande réussite. Curieusement, le cinéma ne s’est jamais intéressé à WD.

Si ma culture est exacte, les zombies apparaissent sur le grand écran dès les années 60. Le maître Georges Romero terrorise les spectateurs avec le classique « La nuit des morts-vivants ». Il déclinera son filon avec plus ou moins de bonheur, laissant parfois de jeunes réalisateurs prendre en main son bébé comme Dan O’Bannon qui commet « Le retour des morts-vivants » en 1985. Un must.

Si vous débutez dans la découverte de ce monde particulier, outre WD, je vous conseille deux films et une série. Le premier film est très connu. Il se nomme « World war z ». Brad Pitt y sauve le monde d’une invasion de zombies. A noter que dans ce film les zombies sont dotés d’une vitesse de mouvements exceptionnelle qui rajoute une touche terrifiante, alors que généralement les zombies sont d’une lenteur limite agaçante. Le second film que je vous conseille est « Shaun of the dead » réalisé par Edgar Wright avec l’inénarrable Simon Pegg. Il s’agit d’une parodie sérieuse dont une scène de poursuite entre un mort-vivant et un vieil home en déambulateur vaut à elle seule le détour. Enfin, la série « Z nation ». C’est sans doute ce qui a été fait de pire en la matière. Le scénario est affligeant car souvent inexistant, les acteurs jouent comme des patates et les effets spéciaux donnent envie de vomir. Absolument indispensable. J’adore.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

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