La re-traite, c’est pour les vaches

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi je suis contre la retraite.

Je trouve cela lamentable de relâcher dans la nature des esclaves après les avoir essorés pendant x années. Ils sont pour la plupart incapables de s’acclimater à la liberté, notamment les mâles, à tel point que le cœur de beaucoup d’entre eux cesse de battre à peine quelques mois après la sentence de la caisse.

Si je suis contre la retraite, c’est parce que je suis contre le travail. J’ai calculé que si je n’avais pas décidé de quitter mon emploi sur un coup de tête, pour manger des nouilles sans parmesan jusqu’à la fin de mes jours, j’aurais travaillé soixante-cinq (65) ans avant de partir en retraite fatigué, désabusé, seul, au bord de la nervousse brèkdone, voire de l’autocide. Soixante-cinq ans ! La vache, ça me donne le vertige. Je sais vous vous dites : « Mais comment il calcule ce con ? ». D’abord, je vous prierais de mesurer vos paroles, ensuite, ayant accepté vos excuses, je vous explique. J’ai passé vingt-trois (23) ans à user mes fonds de culote sur les bancs de l’école, du collège, du lycée puis de la fac. Enfin non, pas de la fac, je n’y allais jamais, je préférais boire des bières, fumer des gros et draguer les filles (pardon maman). Puis j’aurais travaillé quarante-deux (42), si je n’avais pas interrompu ma brillante carrière qui me menait tout droit aux palmes académiques. 23 + 42 = 65, CQFD. Et encore, j’ai choisi un métier dans lequel il n’est pas nécessaire d’être une brute de travail, prof. Ceci dit, on a dit beaucoup de bêtises sur les profs. Le commun des mortels, le non-prof, ne sait pas que les enseignants ne sont payés que dix (10) mois par an. Etalés sur douze (12) mois, et ni vu ni connu j’t’embrouille. Alors, certes, le prof de base bénéficie de dix semaines de congés (dix-huit moins les huit semaines non payées si vous me suivez un peu), mais, je vous prie de me croire, ce n’est possible de partir en dehors des vacances scolaires, donc d’éviter les plages surpeuplées ou les autoroutes enneigées ! Et ça, c’est dégueulasse.

J’estime que dans une société humaine, juste et un peu plus rigolote, chaque individu devrait être libre de travailler ou non. Les réticents à l’effort toucheraient des appointements de l’ordre de mille-cinq-cents (1500) euros mensuels et ils seraient libres de consacrer leur temps à faire pousser des arbres ou écrire des romans. Les bourreaux de travail pourront se remplir les poches sans être jugés puisque chacun aura choisi. Bon, d’accord, c’est complètement con. Mais je fais partie de ces personnes qui ne voient pas l’intérêt d’être sur la Terre si c’est pour bosser huit heures par jour et se retrouver perclus de rhumatismes, vers soixante-cinq ans, à tailler des rosiers avant de casser sa pipe dans l’indifférence générale. Chienne de vie !

Je suis fatigué là. J’ai travaillé presque vingt minutes aujourd’hui.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

2 commentaires sur “La re-traite, c’est pour les vaches

  1. Ce programme me semble assez utopique. Ne travailleraient que ceux ayant un job gratifiant tandis qu’il n’y aurait plus personne pour vider les poubelles dans la rue, car qui serait assez idiot pour faire un travail de merde s’il peut rester chez lui sans rien faire?

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