Fisc-Frac

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Je me demande comment fonctionne le fisc. Partout. Pour l’année 2016, monsieur Trump aurait versé 750 dollars en guise d’impôt sur le revenu. Bon, j’ai attrapé cette information au vol, il est probable que je ne possède pas tous les éléments pour en tirer des conclusions. Mais admettons. Je crois savoir que Donald est milliardaire. Certes, il est possible que ses sous dorment sur son compte, que ses affaires souffrent de la crise sanitaire, mais avouez que 750 dollars, c’est peu. C’est d’autant peu que, moi-même, bénéficiaire de l’ASS (le RSA de pôle emploi) depuis juillet dernier, j’ai reçu un courrier de notre chère administration fiscale me signifiant que je lui dois 800 euros au titre de pas assez perçus. Je ne râle pas, je ne râle jamais contre l’administration car une étude a prouvé qu’une heure passée à essayer de comprendre les mises au point de l’administration correspondent à un mois de vie en moins. Or, il me reste assez peu de mois tout compte fait. Donc je paye, et je verrai bien ce que je mangerai dans quelques mois. Quoiqu’il en soit, je peux me vanter de payer plus d’impôt que Donald Trump. La classe !

Et puis je pense à ces multinationales étasuniennes qui brassent des milliards d’euros ou de dollars, peu importe, et qui montent des imbroglios financiers de manière à payer des queues de cerises au fisc français. Si encore les petites mains profitaient de cette irrégularité pour arrondir leurs fins de mois, mais non. L’entreprise au sein en moins remet au goût du jour l’esclavage en distribuant avec parcimonie ses bénéfices sur les fiches de paye. Sauf erreur de ma part, le patron de cette entreprise est l’homme le plus riche du monde, il sera même l’an prochain, le premier trillionnaire (je ne sais même pas comment il faut dire) de la planète. A part verser plein de sous à son ex-femme, qu’est-ce que cet homme pourra-t-il bien faire de tant de pognon ? Avec vingt pour cent de son pactole, soit 200 milliards de dollars, il pourrait permettre à ses employés de vivre un peu plus décemment, et surtout, payer ses impôts. Imaginez (là, je délire un peu) qu’il doive un milliard à la France. Vous rendez-vous compte du nombre d’avions de chasse que le gouvernement pourrait offrir à son armée ? Visualisez-vous la multitude de ronds-points qui pourraient fleurir dans nos campagnes ? Peut-être même que, dans un élan de générosité, notre gouvernement adoré consentirait à une légère baisse d’impôt envers les plus démunis ? Non, je déconne. Il faut d’abord payer les masques aux fournisseurs avant de les proposer aux Français accompagnés d’une marge raisonnable. En vrai, il faudrait reverser cet argent aux chercheurs, ou plutôt aux trouveurs comme disait Coluche. Il paraît qu’ils connaîtront bientôt une pénurie de tubes à essai. Je me demande si les laboratoires pharmaceutiques sont à jour dans leurs versements d’URSAF.

Un peu de démagogie. Je serais enchanté de payer à nouveau des impôts. Vraiment. Mais j’aimerais que ceux qui gagnent beaucoup d’argent, et qui le mérite en général, se montrent un peu plus civiques et cessent de considérer l’être humain comme un animal de bât. Pourtant, je doute fort que l’avenir me donne raison. Après tout, pourquoi les plus grandes entreprises du monde se casseraient-elles le tronc avec le fisc ? Il leur suffit de laisser planer la menace de banqueroute ou de délocalisations accompagnées de licenciements de masse pour que les gouvernements ferment les yeux sur les quelques milliards qui finiront dans les poches des actionnaires et pas dans les caisses des états. C’est simple la finance.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

Publicité

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s