Fatalitas !

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je suis fatigué.

En réalité, je suis né fatigué et je reste une énigme pour la science moderne. Cependant je vis avec, et quand la fatigue psychologique s’additionne à la fatigue physique, c’est éreintant.

Les événements que nous subissons tous depuis des mois m’intriguent davantage qu’ils me terrifient. Vous avez compris depuis un bon moment mes doutes (euphémisme) quant à l’existence du divin, en revanche je ne vous ai jamais parlé de ma théorie sur les catastrophes qui vous tombent sur le coin de la gueule. Je suis un fataliste. Je pense que tout ce qui nous arrive doit nous arriver. Ce qui est curieux, je vous l’accorde, comme disait le marchand de piano, c’est que le fatalisme es très proche de certaines théories théistes. Le grand livre, l’apocalypse, toutes ces conneries. Être fataliste est très pratique. Par exemple, comme vous ne décidez pas de votre vie, vous pouvez la passer le cul vissé dans le canapé, en attendant que la fatalité frape à votre porte (attention, ne confondez pas la fatalité et les huissiers, qui, en général, portent une cravate, ou les témoins de Jéhovah, qui, en général, prêtent à sourire ; un jour deux de ces hurluberlus se sont présentés chez moi et m’ont annoncé leur qualité de témoins de Jéhovah, je leur ai demandé, le plus sérieusement du monde si Jehovah se mariait et pourquoi je n’avais pas reçu de faire-part ; moi qui ne suis pas très disert, je ne les ai pas laissés en placer une). Le fataliste n’est pas du genre à se bouger le popotin puisque ce qui doit arriver arrivera. Inutile de tirer des plans sur la comète, inutile de se casser la tête. Si je dois gagner au loto ou si je dois choper la covidordures, je n’y échapperai pas car c’est déjà prévu. Dans mon monde, les avocats n’existent pas (en fait si, j’y ai déjà eu à faire et je suis tombé sur un gros nul) ou plus exactement ne servent à rien, donc. D’ailleurs, à part Dupont-Lajoie et deux ou trois autres qui sont plus souvent à la télé que dans les prétoires, je me suis toujours demandé pourquoi, en France, il est obligatoire de prendre un avocat pour se défendre. La plupart du temps ce juriste se fout comme de l’an 40 de vos problèmes, ne dit pas un mot lors de votre comparution et oublie d’un rendez-vous à l’autre qui vous êtes (et je parle d’expérience). Le fataliste n’a pas besoin d’avocat étant donné que la sanction tombera.

Le fataliste ne comprend pas les non-fatalistes. Ceux qui affirment haut et fort qu’ils décident de chaque moment de leur vie, se trompent lourdement. En effet, si vous choisissez de tout plaquer du jour au lendemain pour faire pousser des kiwis en Nouvelle-Zélande, c’est que c’était votre destin. Le fataliste croit au destin. Même si ce salopard ne lui réserve pas que des lendemains qui chantent.

Je suis fatigué car je trouve que le destin se fout un peu de notre gueule ces temps-ci. Et comme je suis fataliste, je n’y peux rien. Les intégristes aussi sanguinaires que stupides, les politiques aussi stupides qu’arrivistes, les laboratoires de recherche biologique aussi arrivistes que cupides, des animateurs télé aussi cupides que sanguinaires (ok, j’exagère un peu, c’était pour boucler la boucle). Je me demande parfois si j’ai envie de vivre dans un monde où un fou de dieu décapite un prof d’histoire, et où un virus met en lumière l’improbable incompétence de notre société. Comme le destin a prévu de me faire gagner au loto, incessamment sous peu et peut-être même avant, j’investirai ces sous dans la maison la plus isolée du monde et dans deux chats. Et j’attendrai, en faisant des puzzles. Je suis fataliste, je vous dis.

Je n’aurais pas dû me relire, c’est fort confus.

J’ai une excuse, je suis fatigué.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

2 commentaires sur “Fatalitas !

  1. Vois-tu, tu n’es pas seul à être fataliste, j’en suis une de bonne facture. Non, je parle pas d’honoraires, mais plus fataliste que moi , tu meurs. Non je ne parle pas non plus de tumeur, mais je suis fichtrement fataliste, tu peux me croire ; plus qu’en Dieu. J’ai des années de fatalisme derrière moi, je suis une experte en la matière, je suis si fataliste que je ne fais plus le moindre projet car il arrivera bien un jour quelque chose, et quoi qu’il arrive, ça finira par passer avant de recommencer autrement.
    Alors autant rester le plus longtemps possible dans la position foetale bien au chaud et feindre d’ignorer l’expulsion de fin de bail. Il y aura toujours un petit malin pour nous déloger, et alors on pourra recommencer à fataliser notre existence.

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