Vendredi 12 + 1

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, je ne suis pas superstitieux, ça porte malheur.

L’autre jour, je vous ai, brillamment, conté l’origine de la peur de certains à l’égard du chiffre 13.

Il est temps, il me semble, de continuer à combler vos lacunes en matière de superstitions.

Soyons méthodique.

Le chat noir. Encore une croyance qui trouve ses racines dans la foi chrétienne. En effet, longtemps, le minet sombre fut associé à l’image du diable. Pourtant, l’imagerie populaire tend à représenter Belzébuth avec une peau tomate davantage que sous un noir profond (pensez à El Diablo sur le bord des routes lors du Four de Transe). Toutefois, dégoter un chat rouge n’est pas chose aisée, sauf dans un mixer, raison pour laquelle le peuple crédule se rabattit sur le félin noir. Le chat noir porte malheur s’il traverse la route devant vous. C’est évident que si vous êtes au volant de votre automobile et que vous donnez un coup de patin pour éviter ce con de Rominagrobis, vous risquez de rentrer dans le décor, ce qui, admettez-le, entrainera des désagréments quand vous devrez demander au matou de signer le constat amiable.

L’échelle. Passer sous une échelle porte malheur. Vous n’allez pas me croire, mais ici à nouveau, l’origine religieuse ne se discute pas. Posez une échelle contre un mur, reculez de quelques pas et observez. Etonnant non ? L’échelle, le mur et le sol forment un triangle. Dingue non ? Or le chiffre trois est omniprésent dans le livre écrit par les trois abrutis dont je vous parlai naguère. La sainte trinité formée du père, du fisc et du saint d’esprit en est bien entendu la meilleure preuve, mais pas la seule. N’oublions pas les trois apôtres, les trois mousquetaires et les trois petits cochons. Par ailleurs, le Triangle des Bermudes n’est pas un carré que je sache (au passage, je cherche depuis des années le titre d’un film ou d’un téléfilm, diffusé à la télévision un dimanche après-midi dans les années 70, qui racontait les déboire d’un couple, ou d’amis chépu, à bord de leur bateau dans ledit triangle ; ils subissaient toute une série de faits troublants, comme un poisson flottant dans l’air, avant d trouver des explications rationnelles, jusqu’à la dernière image terrifiante, un vrai traumatisme d’adolescence).

A noter que passer sous un chat noir n’occasionne, a priori, aucune punition divine.

Et le miroir se brisa. Sept ans de malheur (et non pas de Mahler comme j’ai failli l’écrire) si vous brisez un miroir ou du cristal. Alors, dans ce cas, l’explication est plus obscure. Nos ancêtres avaient le choix entre « Sept ans de réflexion », « Sept ans au Tibet » ou « Sept ans fameux trois mâts ». Ils optèrent finalement pour « Sept ans de malheur » car leur vie était tellement rigolote qu’ils voulaient la pimenter un peu. Savez-vous ce qu’il faut faire pour contrer la malédiction ? Il faut casser du verre blanc. Ma joue se souvient encore de la main de ma mère.

Le chapeau sur le lit. Ah ah ! Je vois que votre ride du lion se creuse. J’avoue que je ne connais pas du tout l’origine de cette superstition, je me demande même si elle n’est pas endémique au centre Finistère, ce que je sais en revanche, c’est que ma grand-mère ne supportait pas la vue d’un couvre-chef sur un édredon. Je crois tout de même savoir qu’il y a quelques décennies, les défunts étaient enterrés dans leurs plus beaux atours, et les messieurs, notamment, avec leur chapeau, et donc le chapeau était posé près du corps lors de la veillée funèbre. Comme je vous connais très bien, je sais que vous allez m’inonder de messages pour désosser mon hypothèse. Faites donc.

Le pain à l’envers. J’aime beaucoup celle-ci. Le jour d’une exécution, dans les temps anciens, le boulanger retournait le pain dédié au bourreau, sur son étal, afin que personne ne choisisse l’aliment maudit. En outre, le bourreau ne payait pas son quignon. J’a dit à ma boulangère que j’étais un bourreau des cœurs. Je paye toujours mon pain.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

Un commentaire sur “Vendredi 12 + 1

  1. Quand le miroir se brisait, on avait aussi le choix de s’engager parmi les 7 samouraïs, mais peu l’ont fait, c’est vrai que la Japon c’est loin, mais tout de même ; il y avait parmi eux Toshirô Mifume, et rien que pour le voir de plus près, j’aurais bien cassé tous mes verres de cuisine !

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