Les z’animo

Auto-publicité : Le polar idéal à lire emmitouflé dans une couverture polaire

 

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Récemment, un ours a été tué par un chasseur dans les Pyrénées espagnoles. En dépit de mon manque de sympathie pour les citoyens armés, je préfère cela que le contraire, même si mon totem actuel est Ours Solitaire. Au passage, notons la grande réussite européenne puisque l’ours était slovène, le chasseur français et les montagnes ibères.

Néanmoins, je m’interroge sur le destin de ce plantigrade.

Nounours vivait tranquillement en Slovénie. Il y avait sa famille, ses amis, ses petites habitudes et une connaissance accrue du terrain. Un jour, une équipe de scientifiques débarqua dans sa tanière et lui planta une seringue de quarante centimètres de long dans les fesses. Etrangement, il ressentit une grande lassitude alors qu’il venait de roupiller pendant cinq mois, qu’il se sentait certes affamé, mais près à affronter la vie. Quelques semaines plus tard Nounours se réveilla avec un putain de mal de crâne comme s’il avait abusé de miel frelaté, une douleur au cul bien entendu, et une curieuse démangeaison au niveau du cou. Bon, pas grave, il en a vu d’autres le Paddington slovène. Une petite balade en forêt et cet état patraque ne sera plus qu’un mauvais souvenir. Il irait bien conter fleurette à Gisèle qui, outre le fait qu’elle refuse rarement de lui tourner le dos, possède une petite gelée royale dix ans d’âge qui lui siérait à merveille pour vaincre cette gueule de bois.

Déjà sa grotte lui avait paru bizarre. L’odeur, c’est cela. Ce n’était pas son odeur. Plutôt celle de ces ridicules animaux colorés qui hurlent à la mort dès qu’ils l’aperçoivent et détalent comme s’il allait se jeter sur eux pour les bouloter. Ils sont marrants ces cons-là, il a bien essayé une fois d’en bouffer un, Nounours, mais il en a gardé un arrière-goût dans la gueule pendant des semaines. On ne l’y reprendra plus, parole de poilu. Mais c’est le paysage qui lui a mis la puce à l’oreille. Aucun repère, rien. Comme si on avait change le décor pendant son sommeil. Cela l’a mis en rogne le gros pépère, surtout parce que pour retrouver Gisèle dans ce bordel, il pouvait toujours se gratter. Alors, il s »est mis en route, d’instinct. C’était plutôt joli, mais Nounours n’en avait rien à foutre. Pas le genre à prendre des photos pour décorer ses murs. Surtout, il ne croisait jamais aucun congénère, même pas ce vieux fou de Jean-Claude toujours en quête d’un mauvais coup.

Il est devenu neurasthénique, Nounours, lorsqu’il s’est rendu compte qu’il ne rentrerait jamais chez lui. Il ne mangeait plus que du miel et sa glycémie devait battre des records. Sa fourrure a perdu son lustre d’antan qui plaisait tant à Gisèle. Alors, lorsqu’il a croisé l’autre plantigrade à la curieuse couleur verte, il a préféré passer son chemin en haussant les épaules. Exactement là où il a éprouvé la dernière douleur de sa vie. Comme un soulagement.

Les êtres humains ont des scrupules. Ils regrettent d’avoir vidé les bois et les forêts de leurs indigènes animaliers. Donc, logique humaine, ils ont décidé de rendre aux autochtones leurs lieux d’origine. Je trouve cela totalement crétin. Et j’assume. La science zoologique engloutit des millions d’euros pour pucer des ours, des loups, des serpents et je ne sais quoi encore, alors que des gens dorment dehors. Accusez-moi de démagogie si vous voulez, peu me chaut. Des ours dans les Pyrénées, des loups en Bretagne, des vipères dans les Alpilles, quand l’homme confond écologie et intelligence. Le passé est le passé, le mal est fait. Tâchons de ne pas reproduire les mêmes erreurs, ce sera déjà très bien.

Et si un/une scientifique trouve le moyen d’éradiques les tiques de la surface du globe, je veux bien lui rouler le patin du siècle.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

6 commentaires sur “Les z’animo

  1. Je compatis pour ce malheureux Nounours immigré contre sa volonté et perdu dans un pays qui lui est étranger, sans copine, sans copains, seul quoi !
    Mais une chose est certaine : je suis entièrement d’accord avec ta conclusion.
    Les hommes ont vidé les bois et les forêts des animaux qui y habitaient puis, conscients de leurs erreurs passées, ils repeuplent ces forêts et montagnes sans demander l’avis de l’animal.
    Et pendant ce temps, des milliers de personnes dorment dans la rue, crèvent de froid sans qu’on leur prête plus d’attention qu’à ces animaux.

    Aimé par 1 personne

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