2600, le retour

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me répète.

Il m’est arrivé, ici même, de vous aiguiller vers un ancien billet passé inaperçu dans la mesure où je ne jouissais de quasiment aucun lecteur à cette époque. Billet que j’avais sobrement intitulé « 2600 ». Comme vous êtes très peu à avoir osé remonter si loin dans les archives poussiéreuses de Jourdhumeur (à part Dominique, cœur avec les doigts), je crois qu’il est de mon devoir de procéder à une piqure de rappel quitte à vous effrayer et à faire dévier la planète de son axe.

Monsieur Stephen Hawking est décédé le 14 mars 2018 (il était né un 8 janvier comme beaucoup de génies : David Bowie, Jacques Anquetil, Shirley Bassey, Kim Jong-un, Elvis The Pelvis et moi). Ce physicien britannique est considéré par beaucoup comme l’un des dix plus grands cerveaux de l’histoire de l’humanité (avec les Turing, Einstein, Von Braun et quelques autres, monsieur P. n’arrive que onzième). Il aurait apporté plus que n’importe qui à l’astrophysique. Ses théories et  ses travaux ont toujours été loués et reconnus sans équivalent. Pour le monde de la science, sa disparition fut un véritable cataclysme, et vraisemblablement une stagnation voire un recul quant à l’exploration de l’univers.

Il n’est pas inutile de rappeler que monsieur Hawking était atteint de la Sclérose Latérale Amyotrophique, plus connue sous le nom de maladie de Charcot. Une pathologie qui l’a rendu handicapé moteur à 99%.  Est-ce pour cette raison que son intelligence et sa capacité de visionnaire se sont développés ? Je ne saurais le dire, mais j’imagine que c’est probable. Le grand public connait mal cet homme et ses travaux car il gravitait dans des sphères que la plupart des gens ignorent tant ses analyses étaient pointues.

Pourtant, à l’instar d’un Hubert Reeves (le Canadien à l’accent improbable qui ressemble davantage à un jardinier qu’à un astrophysicien), monsieur Hawking a œuvré pour que ses recherches soient accessibles au commun des mortels, en pratiquant la vulgarisation scientifique (« Une brève histoire du temps« , à lire toutes affaires cessantes).

Juste au moment de sa disparition, il travaillait à  la rédaction d’un ouvrage dans lequel il annonçait une bien étonnante nouvelle à l’humanité. Il est fort regrettable que son décès ait occulté ce manuscrit dont les media se sont largement désintéressés. Logique me direz-vous, puisqu’il n’a pas été publié. Pas si logique que cela, vous rétorquerai-je vu que j’en ai trouvé trace sur le net.

Vous savez certainement que notre planète va souffler ses 5 milliards bougies. Et, selon les estimations des collègues de monsieur Hawking, il lui en reste à peu près autant à supporter les supporters de foot et les assureurs. Toutefois, sur la fin de sa vie, monsieur Hawking ne souscrivait plus à cette théorie. Loin s’en faut. Tenez-vous bien.

Ses derniers travaux ne sont pas pessimistes pour la Terre, ils sont pires que cela. Je veux bien croire que monsieur Hawking était un peu diminué sur la fin, mais même diminué je pense que ses prédictions doivent être prises au sérieux. Dans son dernier manuscrit, il affirme que la Terre disparaitra à l’horizon 2600. Et encore, dans le meilleur des cas. Il rajoute même que notre plancher des vaches se transformera en une boule de feu, et hop, rideau.

Il nous reste donc à peine six-cents ans pour ranger notre chambre et mettre un slip propre. Pour tous vous dire, je fais partie de ceux qui s’en tapent un peu vu que je n’ai pas de descendance et que je compte être incinéré, ce qui au fond ne sera qu’une forme d’anticipation. Je pense à vos enfants. Et à leurs enfants. Et à leurs enfants. Et… C’est bon Roger, ils ont compris (Roger ?). Prenez votre calculatrice Texas Instrument et suivez mon raisonnement. A raison de cinq générations par siècle, dans moins de trente générations, c’est la fin du monde, et Bruce Willis n’y pourra rien.

Monsieur Hawking rajoute quelque chose qui n’est pas fait pour nous/vous rassurer. Le processus est enclenché et rien ne peut l’arrêter. C’est trop tard. Les êtres humains ont bouffé la feuille en moins d’un siècle.

Je préfère terminer sur une note positive. Si monsieur Hawking a raison, en avant la bamboche ! Inutile de se casser la nénette pour protéger la bergeronnette bleue du Bangladesh puisqu’elle finira en brochettes comme tout le monde. Inutile de se casser la nénette à trouver un substitut au plastique puisqu’il fondra tout seul.

C’est court 580 ans mine de rien.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

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11 commentaires sur “2600, le retour

  1. Intéressant ce billet. Et parfaitement écrit (comme d’habitude), ce qui ne gâche rien à l’idée. Hawking ? Oui, je me souviens… Par contre cet ouvrage, non. 580 ans, bon, nous ne sommes pas nés trop tard finalement. Et on aura eu David Bowie.

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