Ghost in the Breizh

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Je vous ai raconté l’histoire de ma télé qui s’allume toute seule pendant la nuit dans l’un de mes lieux de vie (dans ma seconde demeure d’accueil, le phénomène ne se produit pas, mais il ne s’agit pas du même poste). Trois matins de suite, du 1er/01 au 03/01. Je suis de retour depuis avant-hier, dans la maison hantée. Et oui, hier matin, télé allumée.

Alors, j’ai pris les choses en main. Je voulais savoir l’heure approximative du déclenchement intempestif. Il faut bien une première étape. Il me fallait établir un plan. Me coucher, mais me réveiller toutes les demi-heures pour vérifier l’engin. Technique imparable à mon âge, avaler un litre de flotte avant de rejoindre Morphée.

Deux heures – RAS

Deux heures et demie – RAS

Trois heures – RAS

Trois heures et demie – RAS

Quatre heures – Oh putain !

Il est là. Assis dans mon fauteuil, une bière à la main, une clope au bec. Il regarde une rediffusion des « Marseillais à Knokke-Le-Zoute ».

Moi – Vous… Vous êtes un fantôme ?

Lui (en sursautant) – Un quoi ? Hein… Ah oui, bien sûr.

Moi – Vous allez me faire du mal ?

Lui (se réinstallant confortablement) – Ah ben, ça dépend…

Moi – De… De quoi ?

Lui (après avoir roté) – Par exemple, je suis allergique aux ondes téléphoniques, donc tu ne touches pas à ton portable.

Bien, si c’est tout, ça me va. J’observe le fantôme. Contrairement aux idées reçues, il n’est pas vêtu d’un drap blanc. Il porte un jean, un sweat à capuche et des baskets sales. Un blouson de cuir traîne par terre à côté de lui. Il n’est pas non plus à moitié transparent. A vrai dire, il ressemble beaucoup à un être humain. C’est malin quand on y pense. Il ne doit pas beaucoup attirer l’attention.

Moi – Vous avez un nom ?

Lui – Evidemment. Moi c’est Jean-Michel… Euh… Jean-Michel le Fantôme.

Moi – Enchanté.

Je suis un peu déçu que ce ne soit pas Casper ou Beetlejuice, mais bon, je ferai avec.

Moi – Pourquoi vous venez chez ma mère regarde la télé quand elle n’est pas là ?

Lui – Euh… Ben justement, parce qu’elle est pas là. Je voudrais pas l’effrayer.

Mais moi, il s’en fout donc.

Moi – Et vous entrez comment ?

Lui (en se soulevant sur une fesse pour se gratter le cul) – Ben, la porte du garage déconne, il suffit de pousser un peu et hop, je rentre au chaud. Faudrait penser à réparer ça, sinon on sait pas qui peut rentrer chez toi.

Moi – Et… Vous allez venir toutes les nuits ?

Lui – Je sais pas, ça dépend.

Moi – De… De quoi ?

Lui (allumant une de mes clopes) – Ben, pour qu’un fantôme fiche le camp, il n’y a qu’une solution.

Moi – Ah bon ! Laquelle ?

Lui – Cinquante euros.

Que je lui ai donné bien entendu. Ce n’est pas très cher pour se débarrasser d’un spectre.

Elle est vraiment étonnante cette aventure. Notamment parce qu’elle m’a permis de revoir mes préjugés sur les fantômes. Par exemple, j’ai croisé Jean-Michel chez Leclerc ce matin. Il achetait un pack de 24.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

9 commentaires sur “Ghost in the Breizh

  1. 50 euros ? C’est tout ? Avec une si petite somme, il y a de forte chances pour qu’il revienne voir un feuilleton chez toi en pleine nuit.
    Ton fantôme qui aime tant la bière, il dit s’appeler Jean Michel mais ce ne serait pas plutôt Squattie si on y réfléchit ?

    Aimé par 1 personne

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