Sacre

Le sachiez-vous ?

En Bretagne, on parle peu des saisons dans la mesure où elles n’existent pas vraiment. Nous parlons davantage de jours avec ou sans pluie. Cependant, parfois, nous avons le droit à une belle surprise.

C’est le cas en ce moment. Il fait beau et nous sommes pourtant, comme tout le monde, en février.

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Je me demande comment je parviens à vivre pendant tous ces mois humides qui m’éloignent de mon jardin. Enfin, depuis hier, je revis.

Toutefois, chaque année, je dois me réapproprier les lieux et les êtres. Certes, j’affronte les éléments par tous les temps pour aller discuter avec mes fruitiers afin qu’ils ne m’oublient pas, mais le froid les engourdit et leur conversation s’en ressent. Au fond, cette période de froid et d’eau leur est propice à la méditation, à l’introspection, je me dois de me montrer discret pour ne pas trop les déranger. Ils réfléchissent au meilleur moment pour bourgeonner. Ce taquin de prunier en fait toujours à sa tête et fleurit dès le mois de mars. Les deux pommiers s’observent du coin de la branche dans le but de surprendre l’autre en sortant la première feuillette. Le cerisier, toujours un peu solitaire, imagine une nouvelle stratégie pour éviter que les oiseaux le dépouillent de ses fruits avant que son humain favori ait pu y goûter. Le châtaignier se la pète un peu, comme d’habitude, car il est costaud malgré ses trois ans, presque deux mètres. Le citronnier se demande encore ce qu’il fait là, loin des contrées ensoleillées qui accueillent ses congénères, fier néanmoins d’avoir bravé ce climat particulier.

Je redécouvre également d’autres êtres plus indépendants, plus discrets. Les zanimos.

Bernard, le renard, a perdu du poids. Le matin, dans la rosée, il traverse le terrain en diagonale pour aller draguer les poulettes du voisin. Noup, le hérisson, (spéciale dédicace à un formidable roman intitulé « Dossiers froids ») se roule dans les dernières feuilles car il est un peu frileux pépère. Sa famille s’est agrandie cet hiver, mais chut, laissons le tranquille. Model, la taupe, fouit. C’est son boulot de fouir. Je la laisse fouir. Otelelaitdufeu, le caribou, arbore des bois magnifiques. Déjà, il se régale des jeunes feuilles de hêtre. Anda, le loup, se tient tranquille. L’année dernière je lui ai botté le train parce qu’il reluquait un peu trop Cadet, le mouton et After la chèvre. Liver et Swimming, les poules, les miennes, couvent. Elles sont un peu connes étant donné qu’elles n’ont jamais vu Alan, le coq. Et évidemment, mon chouchou, mon ami, mon frère, Coupdepieddanslesb, l’ours, cherche du miel pour l’étaler sur ses tartines.

Et puis merde, vive le printemps breton.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

Publicité

4 commentaires sur “Sacre

  1. Finalement même s’il y a peu de saisons en Bretagne tu en profites au maximum quand on lit tout les descriptifs des arbres que tu possèdes et qui vont t’offrir de quoi te régaler.
    Tu es envahi par des animaux de charmante compagnie qui vient en bionne entente avec toi.
    Reste que je m’interroge un peu : dans quelle coin très retiré de Bretagne vis-tu pour avoir vu un caribou et un loup ?
    Quant à tes poules, il serait temps qu’elles soient déniaisées par un bon coq qui te donnerait l’occasion d’avoir des poussins.
    Sinon, ces mêmes poules paraissent très protégées puisque le renard va voir chez le voisin pour se nourrir. Vivement le printemps que tu profites à fond de cette saison !

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s