Un écrivain honnête

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, j’ai envie de parler de quelqu’un qui me fait du bien.

Voici quelques années, au gré de mes pérégrinations en librairie, j’ai pioché un très gros bouquin de poche dont je n’avais jamais entendu le nom de l’auteur. En règle générale, les oeuvres auxquelles les éditeurs des collections de poche proposent une deuxième vie ont connu un succès assez conséquent lors de leur édition originale. Je crois avoir lu un jour qu’il fallait avoir vendu 8000 exemplaires pour attirer l’attention des spécialistes du mini-format. Il m’arrivait donc de faire confiance à Folio, 10/18, Pocket ou au Livre de poche même si je ne connaissais pas l’auteur, ni des lèvres ni des dents. Bien entendu, grosse vente n’est pas gage de qualité, mais ma curiosité d’alors m’incitait à découvrir les lectures favorites de mes contemporains. Je ne vous cache pas que quelques bouses ont atterri dans ma bibliothèque, et non, je ne donnerai pas de noms, par pure charité laïque. J’hésitais un peu face à l’épaisseur démesurée du livre, je venais de souffrir en lisant « Les Bienveillantes » de Jonathan Littell, j’avais même songé à mettre fin à mes jours aux alentours de la page 974. En lisant la 4è de couverture, je me rendis compte, que le livre que je tenais entre les mains était en réalité cinq livres. Je passais à la caisse, avec une bonne dizaine d’autres bouquins.

En rentrant chez moi, je dérogeais à un de mes sacro-saints principes qui consiste à ne jamais lire ce que je viens juste d’acheter mais à faire en sorte que la pile de « à lire » diminue afin de ne pas être obligé de sacrifier une deuxième pièce de mon petit appartement pour loger mes lectures futures. Sans attendre, j’entamais le tome 1 intitulé « La cote 512 ». Trois jours plus tard, je terminais le cinquième tome des aventures de Célestin Louise et enrageais de tourner la dernière page de ces formidables histoires.

Thierry Bourcy n’est pas une star du monde littéraire, ce n’est pas non plus un inconnu. Lorsque j’ai découvert les enquêtes de Célestin Louise, policier appelé sous les drapeaux en 14, je me suis dit que monsieur Bourcy avait tout compris.

Thierry Bourcy écrit des histoires simples mais pas simplistes. Il ne tient pas son lecteur pour un idiot et ne tente pas de lui faire comprendre la vie, il le prend par la main pour le mener dans le labyrinthe de ses histoires. Selon moi, il est l’héritier des feuilletonistes du 19è siècle (Dumas, Sue) et des auteurs de romans policiers des 19 è et 20è siècles (Leroux, Gaboriau). Tout ce que j’aime. Des auteurs qui maîtrisent leur langue sans vouloir démonter à tout crin qu’ils connaissent plus de 20000 mots de vocabulaire et que l’attribut du complément d’objet direct n’a pas de secret(s) pour eux. Des auteurs qui racontent des histoires sans vouloir révolutionner la société.

Lisez Thierry Bourcy, vous m’en direz des nouvelles.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

5 commentaires sur “Un écrivain honnête

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