Pâques rites

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Hier matin, j’ai descendu dans mon jardin, non pas pour y cueillir du romarin, mais pour recueillir ce que les cloches avaient bien voulu me porter.

Oh, je vous vois venir vous ! Qu’est-ce qu’il nous raconte ce mécréant de Jourd’hu ? V’là t’y pas qu’il se met à croire aux fariboles vaticanesques ! Quel comble !

Alors non, je n’ai pas viré ma cutie, ce n’est qu’un œcuménisme de façade, ne paniquez pas. Mais bon, on n’est jamais trop prudent. Si ça se trouve les cloches n’ont pas d’yeux, ni de GPS

Pourtant, la nuit précédente, je n’ai entendu aucun carillon, aucun glas, aucune tintinabulation. Juste les bruits habituels. Les coassements des crapauds en rut, le flux, un scooter (en plein couvre-feu !), le reflux, les mouettes noctambules, le flux, des grincements de charrette, le reflux, un avion de chasse, le flux, un scooter (dans l’autre sens), le reflux. Mais pas le moindre son de cloche.

Malgré tout, je décidais d’arpenter le terrain. Assez vite, je tombais sur un lapin. Tout poilu. Je me suis dit que les maîtres chocolatiers faisaient des progrès incroyables dans le réalisme de leur production. J’allais le ramasser et le déposer dans mon panier, lorsque il détala comme un… Ben oui comme un lapin. Forcément, c’en était un. Un vrai. Ou un lièvre, je n’ai pas vu ses papiers. Je continuais donc mes investigations et oyais des caquètements de bon aloi. Mais, un Jourd’hu échaudé ne se laisse pas prendre une deuxième fois. Je laissais donc tranquilles les poules du voisin. Pour plus de résultats, j’optais pour la position à quatre-pattes. Je ne voulais rater aucun œuf sur les 2000 mètres carrés herbeux de la propriété.

En vain. Pas un œuf, pas un poussin, rien. Juste tout un tas de crottes, et aucune en chocolat, j’ai testé. Les cloches avaient évité mon chez-moi. Délibérément, j’en suis sûr.

J’ai même sondé la mer pour trouver des poissons. Pas cons les pezkets, trop froide la flotte. Juste deux ou trois homards que j’ai laissé peinards vu qu’ils n’étaient pas en chocolat.

J’étais en colère. Que signifie cet ostracisme chocolatesque ? Les mécréants ne peuvent-ils donc pas profiter des largesses des caves du Vatican ? Et si je récite un « Pater noster » ? En latin ? Si je cesse de piller les troncs ? Pfff, bande de méchants.

D’t’façons, m’en fous, je suis diabétique.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

(un petit peu de pub ; c’est pour payer le deuxième versement de ma Lamborghini ; en vente physique dans le grand-ouest, en gros, si Ouest-France est distribué par chez vous, sinon vous pouvez commander, pour un livre commandé, un livre reçu ; en vous remerciant)

5 commentaires sur “Pâques rites

  1. Bon jour,
    J’ai lu avec une attention toute particulière votre livre et je souhaite éditer cet article ci-dessous sur mon blog, avec votre accord :

    Un gendarme, d’une bourgade de Bretagne, fraîchement retraité, décide de reprendre des enquêtes cold case (affaire froide) avec l’autorisation de son supérieur hiérarchique avec pour mission de rendre compte tous les vendredis.
    Il choisit les affaires non résolues des trois fillettes disparues de la petite ville au fil des années à des intervalles réguliers. Policiers et gendarmes après moult recherches n’ont aucun indice aussi curieux que cela puisse paraître même si tout le monde a été interrogé ou presque. Les dossiers ont été fermés et archivés.
    Isidore Lune reprend du début et s’aperçoit après déductions (et pas d’impôts) et filtres (et pas à café) et questionné (et pas torturé) que les petites disparues sont toujours dans le cœur des villageois et qu’ils en ont gros sur la patate.
    Isidore nous fait découvrir des personnages truculents aux personnalités trempées dans du granit de Bretagne et dont le veiné des opinions ne se laissent pas lire aussi facilement qu’une carte IGN.

    J’ai beaucoup aimé lire ce polar de caractère et d’originalité dont la « paisibilté » du personnage principale le retraité Isidore Lune, après trente-cinq ans de métier, n’est qu’apparente. Il porte seul comme un capitaine au long cours ses trois dossiers qui sont des vies humaines dont la charge émotionnelle est intacte.
    Si sa principale mission qu’il s’est imposée est d’élucider ces disparitions, il nous fait découvrir au fil de son enquête, qui se déroule presque séquentiellement, ce qu’il est en tant qu’homme sensible et qui ose. Car oser, c’est s’opposer et s’opposer s’est accepté le meilleur comme le pire.

    À lire absolument…
    Titre : « Dossiers froids » – Patrick Fouillard
    (Prix du polar Ouest-France – Lauréat 2020)

    Max-Louis

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s