M’a tuer

Le sachiez-vous ?

Le homard est un crustacé décapode qui vit dan la mer et meurt dans les marmites. Le site qui commence par un W annonce que la survie de cet animal, dans les eaux de la Manche et de l’Atlantique nord, est menacée.

Faux.

Les eaux de la Manche débordent de homards. Les pêcheurs les ramassent à la pelle tant les crustacés bleus pullulent dans les eaux bretonnes.

Voilà encore un siècle, le homard était considéré comme une sorte de déchet indigne de figurer au menu des noblaillons et des bourgeois parvenus. Les paysans et les pêcheurs n’en pouvaient mais de se farcir cette grosse crevette, matin, midi et soir.

En revanche, la langouste était déjà considérée comme un met raffiné, et pour le coup, sa population bretonne a subi au cours des dernières décennies des fluctuations incessantes. Par exemple, actuellement, la langouste est de retour.

Après guerre (39/45), un cuisinier eut la brillante idée de proposer sur sa carte, du homard. Du jour au lendemain, ou presque, le crustacé décapode devint la star des cuisines et son prix suivit le mouvement.

Pour un peu plus d’informations sur ce changement de statut, notre envoyé spécial (prêté par la rédaction du Nourjal) est allé à la rencontre de Jean-Claude, homard depuis bientôt vingt-cinq ans. Pour des raisons de confidentialité, nous ne dévoilerons pas le nom de famille de Jean-Claude, et sa voix est déformée.

— » Bonjour Jean-Claude, merci de nous recevoir sous votre rocher.

— Bonjour Athanase.

— Une première question me brûle les lèvres. Pourquoi portez-vous ce costume bleu peu pratique pour vous dissimuler dans ce décor vert et brun.

— Ben quoi ? Il est classe mon costard non ? Et pourquoi il veut que je me cache ? Je suis chez moi ici ! Vous vous cachez chez vous, vous ?

— Euh non…

— Voilà. Question suivante.

— Une grande partie de vos semblables finissent à l’armoricaine ou sur le barbecue. Comment expliquez-vous votre longévité ?

— Chuis un malin. Chez nous, les homards, ce sont les dix premières années les plus difficiles. Car on ne connait pas les pièges. Et puis je mène une vie saine, je ne fume pas, je ne respire pas. Aujourd’hui les jeunes veulent tout tout de suite, alors ils finissent dans les casiers où ils trouvent de la nourriture facile.

— Que pensez-vous de la concurrence de la langouste ?

— Quelle concurrence ?

— Sa chair est plus recherchée que la vôtre.

(Jean-Claude rit)

— Grand mal lui fasse. Et puis t’as vu mes pinces ? J’en croise une un soir au coin d’un tas de laminaires, je lui fais sa fête, large. Je fais sa fête à tout le monde d’ailleurs, même si c’est chaud avec le dormeur.

— Comment expliquez-vous votre belle entente avec les congres ?

— Echange de bons procédés. Les trucs tout mous comme vous là, les humains, hésitent à deux fois avant de glisser leur main dans un trou. On dort à tour de rôle, donc l’humain risque soit un coup de dents soit un coup de pince. Et puis ils sont sympas les congres, sales gueules mais sympas… Ca va vous ? Vous avez une drôle de tête.

— Euh… Oui pardon, il va falloir que je remonte… Manque d’air… Merci pour votre dispoglouglounibilité Jean-Glougloude…

— Y’a pas de quoi mon gars. On se serre la pince ? »

Athanase s’en sortira de justesse grâce à un caisson de décompression.

Je n’aime pas le homard. Lorsque j’habitais Poitiers, j’aimais dire à mes collègues, quand je rentrais en Bretagne, que j’allais encore devoir manger du homard. Ils bavaient. Une fois, l’un d’eux a fait un malaise vagal.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

3 commentaires sur “M’a tuer

  1. Fût mon époque bretonne des années 50/60 où dans le granit rose je pus contenter sans restriction l »homard, la langouste et l’huître plate triple zéro…on mangeait le meilleur sans devoir être privilégié par la fortune; suffisait déjà d’avoir son bateau pour aller faire les courses
    Depuis c’est riz d’eau si t’as pas gagné au loto, mais grâce au confinement à la télé reste l’omar cha riff …
    N-L

    Aimé par 1 personne

  2. C’est vrai tiens, les belons triple ou double 0 ne se vendent plus ? J’aimais beaucoup ces huîtres plates et bien grasses ! J’ai l’impression qu’on ne trouve plus que de la fine de claire ou ses cousines germaines… J’imagine que chaque région a son aoc ?

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