Trivialité

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me la pète un peu.

Je ne possède pas de talents particuliers, à mon grand dam. J’aurais voulu savoir dessiner, ou jouer de la harpe. Ou au moins, dessiner une harpe. Ou au pire, jouer un dessin à la harpe. Mais j’ai beau souffler comme un damné dans ce stupide instrument, je n’en sors pas un son. Quant à mon meilleur dessin, c’est un cheval vu de dos (sic), et il date de mes onze ans.

J’aurais adoré pratiquer un sport à un niveau acceptable, mais mon corps ne m’en a jamais donné l’autorisation. J’ai essayé le football, mais outre mon corps, les enfoirés chargés des convocations semblaient avoir oublié que mes parents avaient payé une licence. Je pense que j’aurais pu être un gymnase très correct, notamment au sol, mais j’ai fait collège et lycée dans un établissement qui considérait que les cours de sport (on ne disait pas EPS à l’époque) devaient se limiter à jouer au foot sur la cour ou à courir dans la boue autour d’un hippodrome. Il existait bien une toute petite salle de gym, mais elle sentait tellement le jus de chaussettes que les profs rechignaient à nous y mener. Et, il faut bien le dire, pour eux, la gymnastique manquait nettement de virilité. Un peu de golf, mais j’étais trop mauvais, quelques semaines de ski sans jamais me sentir vraiment à l’aise, complètent mes expériences sportives. Je ne sais pas nager et je dois être le seul gamin de ma génération à n’avoir jamais enfilé un kimono.

Néanmoins, j’excelle dans une discipline non-olympique, une épreuve dans laquelle je suis invaincu depuis mai 1986, en solo, le Trivial Pursuit. Oui mesdames, oui messieurs, vous lisez depuis quelques temps un champion inconnu d’un jeu de culture générale. Et je n’en suis pas peu fier. J’ai même pensé passer professionnel à une époque, mais comme ça n’existait pas, j’ai renoncé. Je me suis contenté d’exhibitions aux quatre coins de la planète. Mon plus haut fait d’arme eut lieu à Reykjavik en 1999. J’ai joué contre l’intégralité du peuple islandais, et j’ai gagné bien sûr. Mon pire résultat fut une piteuse 4è place à Daytona en 2003, dans la catégorie Disney. J’ai confondu Tic et Tac.

Malheureusement, notre époque numérique a relégué le Trivial Pursuit au rang de jeu ringard. Notre jeunesse ne se passionne plus pour la culture générale. Il est vrai que certaines questions sont un peu tordues. Comment voulez-vous qu’un jeune d’aujourd’hui connaisse la capitale de l’Espagne ou l’année du premier homme sur la lune ?

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

10 commentaires sur “Trivialité

  1. Ah, le Trivial Pursuit. J’étais fort. Bon, j’avais triché. J’avais passé une journée à apprendre par cœur toutes les questions de la liste et les réponses. Voilà, j’ai avoué, tous mes anciens partenaires de jeu de l’époque peuvent dorénavant me vouer aux gémonies.

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  2. Le Trivial Poursuit est bien le seul jeu de société pour qui je vouerai un culte … l’education Nationale devrait s’en servir pour leurs fameuses évaluations du niveau des élèves, je suis sûre qu’un tout petit pourcentage remporterait toutes les petites parts de camembert (en dehors du rose). Et malheureusement, je ne plaisante pas… je ne sais pas comment on en est arrivé à avoir des générations aussi peu culturées !

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  3. Un anglicisme étonnant pour la France, non ? créé au Canada, le jeu s’appelait à l’origine : « « Quelques arpents de pièges ». Vive le Canada libre ! (je viens d’apprendre cela via GG en cherchant la date et l’origine de création du jeu, ce sera donc à ajouter à ma liste des cultures cultivées)

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