Impression soleil couchant

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je regarde le soleil se coucher.

Et je me dis qu’en réalité, elle ne se couche pas vraiment notre étoile. Cette grande fille continue sa course céleste vers l’ouest sans s’arrêter, ne serait-ce que quelques dizaines d’années, pour reprendre son souffle chaud.

Quand j’étais petit, j’imaginais que l’eau devait être sacrément chaude au large, tout au bout du chemin doré, et je voulais prendre un bateau pour vérifier. Vous me croirez si vous voulez, la mer est encore plus froide là où le soleil a disparu. Que la physique est curieuse.

Le soleil couchant, c’est magnifique. Les chatoiements de couleurs, les camaïeux d’orange, de roses, les gros nuages noirs… Ah ben non, les cons ! Barrez-vous les nuages, vous brimez mon envolée poétique, méchants !

Chez moi (Finistère nord, pour ceux qui n’ont pas la couleur), il est très rare que le disque solaire garde sa forme parfaite jusqu’à sa disparition dans les abysses inexplorés (bon, c’est la Manche, en matière de mer inexplorée, il y a mieux, je le reconnais). Neuf fois sur dix, voire dix fois sur neuf, les nuages annonciateurs d’une future journée dégueulasse gâchent le plaisir du touriste moyen qui ne les a pas justement, les moyens, de se rendre à Ibiza, à Rio ou au Cap pour jouir d’un coucher de soleil pour les riches. Comme dans un spectacle au rabais, le soleil disparaît lamentablement dans un avenir incertain. Le touriste rentre dans son gîte « à la ferme », tapote le baromètre qui ne se décide vraiment pas à obliquer à droite, et dépité, se couche dans des draps rêches parfumés à l’artichaut, s’apprêtant à rêver de vacances exotiques, certes sans kouign-aman, mais avec des vahinés, ce qui est presque aussi bien.

Lorsque j’ai été moins petit, il m’est arrivé de conter fleurette à des jeunes filles (une par une, rassurez-vous), sur la dune, à la nuit tombante. J’avais élaboré un petit discours dans lequel un phénomène atmosphérique magique tenait une grande place. Le rayon vert (pas le frelon vert, ne confondons pas tout). Je racontais cette légende, comme quoi un couple d’amoureux qui aperçoit le rayon vert au même moment, se promet une longue vie d’amour et d’allocations familiales. Jamais, la demoiselle et moi ne vîmes cette saloperie d’illusion d’optique de concert.

Résultat, je suis célibataire. A cause du rayon vert.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

Publicité

3 commentaires sur “Impression soleil couchant

  1. Bon jour,
    Aux premiers tours de manivelle la poétique avait un bel élan … et là, plouf au 4ème paragraphe … « chassez le naturel, il revient au galop » … 🙂
    N’empêche que les premiers mots :  » Quand j’étais petit … » me rappelle de très loin la chanson de Sardou : « Quand j’étais petit garçon… » …
    Max-Louis

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s