Famille, je vous ai (2)

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je parle, à nouveau, de ma famille.

Devant vos yeux sidérés, et un brin dubitatifs, je vous ai déjà entretenu de mon tonton inventeur de j.peg, la star de la famille. A force de réfléchir (et ça fait mal) à des sujets pour mon « admirable blog » (je ne me vante pas, je cite le « Washington Post »), je me suis souvenu, par un mystère difficile à expliquer, que deux autres membres de ma famille ont connu leur heure de gloire.

Joseph F., frère de mon grand-père paternel, est mobilisé comme des millions d’autres à l’été 1914. Fier d’aller défendre sa patrie, il enfile son pantalon garance et sa vareuse bleu-clair, endosse son bardas de bon petit soldat et s’en va, sifflotant, vers les plaines de Lorraine, du Nord ou d’ailleurs. La guerre n’est pas encore déclarée, mais c’est imminent. Comme ses camarades, Joseph est convaincu qu’il sera de retour au village à Noël, au plus tard. Il trépigne dans son bel uniforme. La nuit, il rêve qu’il monte à l’assaut des lignes ennemies, baïonnette au clair, la fleur au fusil, et qu’il étripe ces fumiers de Teutons expansionnistes. Enfin, les bureaucrates parisiens donnent le feu vert. C’est la guerre. Joseph graisse une dernière fois son arme, en tête de son peloton, jaillit du sous-bois, et récolte, en pleine poitrine, la toute première balle tirée lors du conflit. Il meurt avant que son corps ne touche le sol encore vert pour quelques instants.

Certes, cette histoire est largement déformée par la légende familiale. Toutefois, elle est très proche de la vérité.

Si elle va vous surprendre, la deuxième anecdote est exacte de bout en bout.

Dans les années soixante, P., le cousin de ma mère, effectue ses études à Paris. Il rencontre une charmante demoiselle à qui il conte fleurette et qui devient sa fiancée officielle. P. est un garçon assez dissipé. Il fréquente une bande de copains avec lesquels il fait les 400 coups. Mais rien de très répréhensible. Un soir, il décide d’en mette plein la vue à sa dulcinée. Seulement, ses moyens financiers sont modestes. Pour épater la miss, il a assez de sous pour lui offrir des fleurs et un bon restaurant. En revanche, pour le taxi, c’est tintin. Et puis, cela manque de classe. Alors il pique une bagnole. C’est moche. Il compte la remettre à sa place, ou pas trop loin, avant la fin de la nuit. Tant qu’à faire, il fauche une DS noire. A peine arrivé chez son amie, il voit débouler des dizaines de véhicules de gendarmerie. Il est arrêté manu militari, conduit en prison et mis au secret. Il avait volé la voiture de François Mitterrand, alors ministre du gouvernement français. C’est ballot. Je vous laisse imaginer la somme d’ennuis qu’il a endurée.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

7 commentaires sur “Famille, je vous ai (2)

  1. Bonjour, j’aime beaucoup l’histoire du cousin fallait quand même le faire, voler pour sa dulcinée la voiture du président de la république, c’est quand même « la grande classe » bon après-midi Amicalement MTH PS: j’dore les anecdotes qui fleurissent dans l’histoire de nos familles

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s