Dernière station avant l’autoroute – Hugues Pagan

Dernière station avant l’autoroute – Hugues Pagan – Rivages/Noirs

J’aurais dû me méfier.

Ce roman est un très mauvais roman. Voici pourquoi. (je précise que mon avis n’engage que moi, et que, si monsieur Pagan tombe sur ce billet, qu’il tient à en découdre, je m’appelle en réalité Ernest S. et je réside dans une forêt en bas à droite ; en vous remerciant)

Ce roman est très mauvais car il émet des gaz plus haut que son fondement. L’auteur s’acharne à chercher un style, un vocabulaire, une atmosphère dignes d’un polar glaçant et angoissant, mais il ne parvient qu’à créer des dialogues totalement ridicules (même les flics désabusés ne parlent pas ainsi) émaillés de mots inventés (je n’ose pas dire de néologismes) que personne n’a jamais utilisé. Pagan se perd dans sa propre histoire, ce qui avouez-le, est un comble. Je ne fais pas de citations dans ces billets critiques, car je laisse le soin aux lecteurs suivants de se faire leur propre idée. Mais là, Pagan dépasse les bornes.

Page 353 : « Pas de ceinture (de sécurité) ni l’un ni l’autre ».

Page 353, à peine dix lignes plus bas : « Elle commence par couper le contact, les phares, puis déboucle sa ceinture ».

Autre exemple. Au début du bouquin, le personnage principal (qui n’a rien d’un héros ; il est antipathique, violent, à moitié dérangé…) qui n’a pas de nom est le premier arrivé sur une scène de suicide. Il trouve une enveloppe adressée « à l’officier de police chargé de l’enquête », elle contient une disquette, il l’empoche. Par la suite, des gros méchants lui demandent de leur remettre la disquette. Il nie en avoir trouvé une. Nous sommes au premier tiers du bouquin, pourtant, jamais plus la disquette ne refera son apparition bien qu’elle soit à l’origine des deux tiers suivants. J’ai même eu l’impression qu’il manquait un chapitre.

J’aurai dû me méfier. Hugues Pagan est un flic en retraite. Les flics écrivent de mauvais polars. Soit leurs histoires sont trop classiques, froides et réalistes, soit leur héros est censé représenter la difficulté du métier, la dualité flic/gangster, les cauchemars, et tout le reste, mais sans âme et dans une langue au mieux banale, au pire incompréhensiblement ampoulée. Messieurs les policiers, courez après les méchants, et laissez les romanciers faire leur boulot, je vous prie.

J’aurais dû me méfier. Télérama et Lire ont adoré.

J’aurai dû me méfier. On ne m’y reprendra plus. Parole de lecteur.

Non, mais culturellement.

Jourd’hu

2 commentaires sur “Dernière station avant l’autoroute – Hugues Pagan

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