Psy chose

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je m’introspecte.

Comment vais-je ?

Pourquoi me demandé-je comment je vais ?

Suis-je en train de battre le record du monde de la plus longue dépression (55ans) ? Notez que si c’est le cas, ça se vit, pas en rigolant tous les jours, mais ça se vit. Forcément, puisque je ne connais pas d’autre état d’esprit.

Dois-je voir « quelqu’un » ? Les guillemets sont importantes. « Quelqu’un », ce n’est pas un voisin, une boulangère, un parent, un badaud. Non, c’est un psy. Un toubib des boyaux de la tête. Le mec, ou la nana, qui soigne des trucs qu’on ne voit pas. Déjà que j’ai du mal avec les médecins qui s’occupent des trucs qu’on voit…

Je vous ai déjà dit que j’étais phobique des serpents, des tiques, des crocodiles, des démarches administratives, des cons, des maîtres de chien et de tout un tas d’autres trucs. Mais, j’ai omis de vous avouer que je suis phobique des psys, et des charlatans de manière générale.

Et puis, hier, il m’est arrivé une drôle d’histoire. J’ai eu la visite de la médecine du travail des blogs. Alors là… Je n’en suis pas revenu. Vingt-cinq ans dans la même crèmerie (l’éducation nationale) et je n’ai jamais vu, ne serait-ce que l’ombre, d’un médecin du travail. Vingt-cinq ans à côtoyer des petits machins porteurs de toutes les saloperies du monde et pas un examen d’urine, pas une prise de sang, pas un toucher rectal. Rien. Pourtant, les profs tombent souvent malades. Notamment, selon des statistiques tout ce qu’il y a de sérieux, la semaine précédant juste les vacances d’hiver. Une hécatombe. Et les poux… Rien que d’y penser, je me gratte.

Bref. Le gars de la médecine du travail, un médecin donc, quoique. J’ai eu un doute, surtout lorsqu’il a fait des empreintes de mes serrures. Sécurité, m’a-t-il dit. Il m’a aussi demandé le code de l’alarme (36 15). Sécurité 2.0, m’a-t-il affirmé. « Vous comprenez, vous vivez seul, s’il vous arrive quelque chose, il faut bien que quelqu’un puisse intervenir ». Sympa non ? Sauf qu’il ne m’a pas expliqué comment il saurait s’il m’arrive quelque chose. Pour simplifier, je lui ai donné des doubles de mes clefs.

Ensuite, nous nous sommes assis. Il m’a longuement regardé dans les yeux. Enfin, je suppose. Son strabisme divergent laissait un doute. Peut-être estimait-il les tableaux horribles de mon neveu de quatre ans. C’est vrai qu’un amateur pourrait y voir un Picasso période moche. Puis, il a écrasé la cigarette qu’il avait piochée dans mon paquet (50 cts d’euro…) et séché son ouiski. J’ai senti que le moment était solennel. Il s’est raclé la gorge (j’ai cru qu’il allait craché sur mon tapis), et m’a asséné la sentence suivante.

— « Monsieur Jourd’hu, vous n’étiez pas préparé à une telle notoriété. Ma tâche consiste à vous aider au mieux. Je pense que vous devez aller voir « quelqu’un » qui vous aiguillera vers un retour à une santé mentale plus proche de celle d’un homme simple comme vous. Je vais en référer à mes supérieurs. Ce qui signifie que je ne vous laisse pas le choix. Si vous refusez de consulter un psychothérapeute, nous nous verrons dans l’obligation de couper votre accès à internet via un hébergeur secret situé en Biélorussie ».

— Vous ne me laissez pas le choix donc…

— En effet ».

Avant de partir, il m’a donné les coordonnées du Professeur Mueller.

(à suivre)

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

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