Le propre de l’homme – Robert Merle

Le propre de l’homme – Robert Merle – Le livre de poche (Editions Fallois)

Je tiens Robert Merle pour un des auteurs majeurs, injustement oublié à l’image de René Barjavel, de la littérature française. Je classe son « La mort est mon métier » dont mon top dix (à un détail près ; je ne relis jamais un livre, donc mon ressenti peut remonter à plusieurs décennies, et c’est le cas pour « La mort est mon métier »). Par conséquent, lorsque le hasard met dans mes mains un roman de Merle, j’en soupire d’aise.

Le style de Robert Merle est le parfait exemple d’une transition littéraire. Il est le lien idéal entre une littérature un chouia surannée (Balzac, Gautier) et une écriture plus moderne (Van Cauwelaert, Foenkinos). Parfois, ses phrases sont agaçantes de recherche, parfois elles glissent sous les yeux comme un surfeur dans la poudreuse.

Le thème principal de ce livre me déplait. Il s’agit de la vie d’une famille, dont le père est zoologue, qui adopte un chimpanzé afin de l’élever comme un être humain et de lui apprendre un langage non pas articulé, mais gestuel (j’ai appris le mot « ameslan », terme désignant la langue des signes au USA). Cette façon de faire m’horripile. L’anthropomorphisme est une des plus belles âneries que l »être humain ait pu inventer. Non content de sa stupidité endémique, il tente d’imposer aux animaux une manière de vivre au mieux inappropriée, au pire assassine. Quand je vois un toutou à sa mémère vêtu d’une marinière à six cents boules, je désespère de ma propre espèce. Je n’ai rien contre l’étude des animaux qui peut s’avérer bénéfique pour nous, mais alors une étude in situ, comme Diane Fossey chez les gorilles par exemple (dont le meurtre par des contrebandiers est un des trop nombreux symbole de la cruauté humaine qui me donne envie de vivre en ermite dans un chalet alpin).

« Le propre de l’homme » n’est pas le chef d’œuvre de Merle. La fin, par exemple, est trop prévisible. Reste que dans le marasme littéraire d’aujourd’hui, se tourner vers un glorieux ancien qui a tracé un chemin a beaucoup d’auteurs contemporains, est un luxe qui ne ne refuse pas.

Non, mais culturellement.

Jourd’hu

5 commentaires sur “Le propre de l’homme – Robert Merle

  1. J’ai lu « Malevil » il y a fort…fort longtemps et je m’en souviens encore asez bien.
    Quant aux chimpanzés élevés avec des hommes, ils sont, paraît il, devenus tellement accros à la TV et au Coca qu’ils ne veulent plus retourner dans leur forêt 😦

    Aimé par 1 personne

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