Bon sens populaire

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Je me demande si le bon sens populaire est vraiment pertinent.

Je ne suis pas un grand consommateur de proverbes, dictons et autres maximes. La plupart du temps, j’estime que leur contenu est erroné, voir mensonger.

Le plus simple est de disséquer quelques exemples.

1- « Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué ». En effet. Mais surtout, il ne faut pas tuer l’ours. Non mais, c’est quoi ces manières ? Qu’est-ce qu’il vous a fait Nounours ? Déjà que vous l’avez enlevé à sa Slovénie natale alors qu’il coulait, pépère, des jours heureux, maintenant vous voulez le tuer pour vendre sa peau ! Et à qui d’abord ? Vous connaissez quelqu’un, vous, qui voudrait acheter la peau d’un ours de son vivant !

2- « L’habit ne fait pas le moine ». Ben si. A chaque fois que vous voyez un type un peu bedonnant, avec une tonsure qui porte une vieille robe de bure raide de graisse, je peux vous assurer qu’il s’agit d’un moine. Ou alors, vous êtes au carnaval de Dunkerque, et c’est ce con de Jean-Claude qui a endossé pour la trente-septième fois son costume fétiche. Ou alors, vous participez à une soirée bondage japonais chez Marie-Chantal, et vous vous êtes gouré.

3- « Il ne faut pas crier victoire trop tôt ». En tout cas, pas avant huit heures du matin. C’est insupportable tous ces gens qui ne respectent pas le sommeil de leurs prochain et qui se mettent à hurler « victoire » dès potron-minet.

4- « Après la pluie vient le beau temps ». Pas partout. Chez moi, par exemple, après la pluie vient la pluie. Et avant aussi d’ailleurs.

5- « A cheval donné, on ne regarde pas les dents ». Si ! C’est même ce qu’on regarde en premier. Qu’est-ce que vous croyez ? Que le premier venu va vous offrir un bourrin, comme ça, par bonté d’âme ? Vous êtes vraiment naïfs. Si jamais on vous refile un canasson, vous vérifiez tout. Ses ratiches, l’usure de ses godasses, son carbu, son niveau d’huile. Tout je vous dis. Et plutôt deux fois qu’une.

6- « L’argent ne fait pas le bonheur ». Mais il y contribue. Si vous êtes d’accord avec cette sentence, contactez-moi en privé, je vous communiquerai mes coordonnées bancaires afin que vous puissiez effectuer un petit virement. En vous remerciant.

7- « Qui vole un œuf vole un bœuf ». Alors non. Pour une raison simple. Vous trouverez des œufs dans toutes les alimentations sur le sol français, donc si vous êtes un tantinet chapardeur, vous pouvez déposséder le Grand Capital d’un œuf, mais je vous conseille de piquer la boite de six, c’est plus pratique. En revanche, vous ne trouverez aucun bœuf à vendre chez Auchan. Certes, vous avez la possibilité de baguenauder dans les champs pour dégoter la bête, mais gare à la confondre avec un taureau. Et puis un bœuf ne rentre pas dans une Clio.

8- « Goéland qui se gratte le gland, signe de mauvais temps, goéland qui se gratte le cul, c’est pas bon non plus ». Celui-là est vrai. C’est un proverbe de chez moi. Plouescat, très exactement.

En espérant vous avoir convaincu.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

11 commentaires sur “Bon sens populaire

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