Outillage

18 juin 1940. Charly habite à Londres. Il n’a pas très beau temps. Toutefois, il tient à travailler un peu au jardin car l’approvisionnement n’est pas chose aisée en ces temps troublés. Son lopin d’East Chelsea, aussi modeste soit-il, lui permet de mettre des navets et des carottes dans la soupe. Il produit du chou également, mais sa tendre épouse ne supporte pas les pets, alors il échange ses crucifères au marché noir contre du tabac bien qu’il ne fume pas. Mais il n’y a rien d’autre au marché noir, donc il prend le tabac. Il le donnera à son beau-frère lorsqu’il reviendra en permission. Si jamais il revient. Et s’il possède quelque chose à échanger.

Charly ouvre la porte de son petit cabanon élaboré à partir de matériel récupéré dans les décombres. Ce n’est pas très légal, mais tout le monde le fait. Ce soir en rentrant du boulot, il est passé devant chez cet enfoiré de MacGilvy. Il comptait exiger de l’Ecossais la livre de tabac qu’il lui doit. Mais MacGilvy n’était pas chez lui. D’ailleurs, sa maison n’était pas là non plus. Disparue la demeure victorienne dont son ami était si fier. A la place, un monceau de gravats délimité par la défense passive. Il ne l’avouera jamais, mais, Charly s’est glissé dans les ruines, pour se rembourser. Et il a trouvé un trésor. Une pelle. Pile ce dont il avait besoin pour retourner sa terre. Il l’a ramenée chez lui en tentant de la dissimuler sous son manteau. Pas simple. Il sait le sort réservé aux pillards. Fonctionnaires ou pas.

Coup de chance, un rayon de soleil semble vouloir accompagner le jardinier amateur. Il pourra soigner son potager sans se faire tremper les os. Surtout, il frétille à l’idée de tester sa toute nouvelle pelle.

Ensuite, il rentrera déguster le repas que son épouse aura su lui concocter avec le peu à sa disposition. Pas de viande ce soir. Sans doute du thé et des muffins nappés de sucre. Il aime faire durer le plaisir du sucre. Il paraît qu’il n’y en aura plus bientôt. Se sachant gourmand et même vorace, lorsqu’il tient un de ces gâteaux à la main, il se dit à lui-même, « Lèche-le, lèche-le ».

(a mon lectorat attentif : je vous prie d’excuser cette liberté prise avec les événements, le blitz n’ayant commencé qu’en septembre 1940 ; mais je suis convaincu que vous comprendrez que l’inspiration romanesque ne s’embarrasse pas de détails triviaux ; l’artiste que je suis ne peut laisser freiner sa brillante production sous prétexte de dates ; sachez que le temps est relatif comme l’a dit Franck Ribéry, ou Albert Einstein, je les confonds toutes les deux ; en vous remerciant)

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

4 commentaires sur “Outillage

      1. Bonjour, mille excuses, je n’ai pas vu les messages antérieurs, je viens de vérifier, vous êtes toujours abonné à mon blog, je ne comprends pas…je vais investiguer plus loin comme disent les britanniques

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