Déstockage

Pas de chronique littéraire aujourd’hui. Vous vous en remettrez.

Je peine à finir un roman dont je vous ai déjà parlé en écorchant le titre, il s’agit de « Métro 2035 » d’un Russe dont les lettres du nom ne sont pas toutes sur mon clavier. J’ai donc pris du retard. Je vais en profiter pour vous faire part de mes abandons littéraires.

J’ai (pour)suivi des études littéraires dans les années 80. Mes profs avaient presque tous la même caractéristique. Ils étaient ennuyeux. Pire, leurs cours soporifiques sont parvenus à me fâcher avec de nombreux auteurs. Ne me parlez pas des illustres lumineux, leurs oeuvres me tombent des mains, tout particulièrement celles de Jean-Jacques Rousseau dont « Les Confessions » me paraissent la définition exacte du livre totalement inutile. Une très jeune femme nous a imposé sa logorrhée sur Céline pendant un semestre. Je me souviens que je ne revenais jamais à son cours après la pause. Je n’ai jamais pu finir le « Voyage au bout de la nuit », en revanche bien plus tard, j’ai lu « Nord », et j’ai adoré. Pêle-mêle, je n’ai jamais rouvert un bouquin de Malraux, Yourcenar, Lesage ou Molière (oui oui, le Jean-Bapt’ que la Comédie Française joue sans discontinuer au profit d’une élite ignorante, et pan dans les dents ! je vais recevoir du courrier moi !).

Par ailleurs, tout seul comme un grand, je me suis confronté à quelques majestueux. J’ai commencé trois fois Proust sans jamais dépasser la cinquantième page. Les « 100 ans de solitude » Garcia Marquez attendent que je trouve le courage d’une nouvelle tentative. Tolkien me perd. Dostoïevski me désespère. Dard m’échappe. Duras m’indiffère. Balzac m’ennuie. Montherlant m’interroge. Mauriac me fatigue. Cohen me ferme les yeux. Roth ne m’intéresse pas. La littérature asiatique, et japonaise en particulier, ne m’accroche pas.

L’avantage de toutes ces démissions, c’est qu’elles me permettent de faire de la place dans ma bibliothèque.

Un jour, j’ai fait un calcul très approximatif. Si je lis trois livres par semaine pendant soixante ans. En arrondissant, cela donne l’équation suivante : 60 X 50 X 3 = 9000. Dans le meilleur des cas, je lirai 9000 bouquins dans ma vie, en réalité beaucoup moins, donc je n’ai pas de temps à perdre avec des auteurs qui me déplaisent. Je ne les déconseille pas, notez, de quel droit ?

Tiens, et si vous me faisiez part de vos abandons littéraires ? (ceux qui seraient tentés de cite Zola, Allende ou Twain sont priés de s’abstenir ; en vous remerciant)

Non, mais culturellement.

Jourd’hu

10 commentaires sur “Déstockage

  1. J’ai laissé en jachère les 197 dernières pages de « 100 ans de solitude » de Garcia Marquez, je n’ai pourtant pas détesté les 264 premières, mais de lire un gros bouquin m’ennuie sur la longueur. je finis par bailler et je m’assoupis… Car pour moi c’est un gros livre. Bien entendu je ne lirai jamais « Guerre et paix » tout en sachant que j’ai tort, mais à la vue de l’épaisseur du travail, je suis mortifiée.
    Pour en revenir à GGM j’ai aimé tous ses autres ouvrages (bien plus courts !).
    Impossible de m’entendre avec les auteurs asiatiques (j’ai attrapé des démangeaisons en lisant avec peine et souffrance « La formule préférée du professeur » de Yôko Ogawa. Et en plus il y est questions de mathématiques : tout ce que exècre !)
    Par contre les auteurs (moyens-) orientaux contemporains sont bien plus inspirants à mon goût.
    Mais je ne suis pas une référence en la matière, j’ai des lectures légères, je lis pour me distraire, me rafraîchir l’esprit quand il fait trop chaud et non pour contrarier mes synapses.
    « Le parfum », ce livre que je respirais à pleins poumons pendant sa lecture ; j’aurais aimé en être l’auteur ! Tu vois, j’ai des goûts simples en littérature…

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  2. Je suis persuadée que l’auteur fait son lecteur ainsi que le lecteur fait l’auteur. Entre les deux, il y a l’émerveillement de recevoir, même à notre insu, de la part de chacune de ces âmes, car je n’ai jamais lu sans voir avec beaucoup d’émerveillement les uns et les autres, semblable à des jardins que l’on visite. Mais j’ai abandonné depuis longtemps les livres pour finalement découvrir d’autres âmes, étourdissantes, interpellantes, si je puis dire. De fait, depuis l’âge de vingt et un ans, j’ai posé les romans et autres pour me lancer dans la quête… Nous sommes aussi quelque part les livres de nos auteurs… ou les auteurs de nos livres.

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  3. J’ai pas réussi à prendre de plaisir en lisant Vian, tolkien m’a perdue aussi, mais j’aimerai y arriver.
    C’est quand même rare que j’abandonne un livre….
    Le livre sans nom m’a pas accroché non plus, pour mon plus grand désarroi !
    Flaubert, bof…

    Aimé par 1 personne

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