Beatnik russe

J’ai une excuse. Pour mon retard. Ces derniers temps, je ne suis tombé que sur de mauvais livres (j’ai aussi une excuse pour l’horrible armoire bretonne derrière moi, je ne suis pas chez moi, vu que je n’ai pas de « chez moi »).

A une époque, bien révolue, coûte que coûte, je finissais tout bouquin commencé. Je peux vous assurer que je me suis tapé des sacrées bouses. Mais l’âge avançant et les jours se faisant de plus de plus rares, j’ai renié ma philosophie. Certes, mais je suis tenace.

Par exemple, « Métro 2035 », je l’ai abandonné trois fois et repris d’autant (dont une fois aux commodités). Pourtant, il faut bien reconnaître que c’est à peu près illisible. Dans la grande lignée de la littérature russe, les noms des personnages sont insupportables de complexité et d’évolution (vous en connaissez d’autres vous,, des peuples qui possèdent des patronymes en perpétuel mouvement ?). Pour parvenir à suivre, il faut posséder du sang slave ou beaucoup de vodka dans un sang celte. Or, je ne bois plus. De plus, l’intrigue avance aussi vite que dans un feuilleton allemand des années soixante-dix.

« Maggie Cassidy » prenait la poussière dans ma PAL (comme disent les jeunes) depuis trente et un ans (juré). Largement le temps d’oublier que, dans ma jeunesse tumultueuse, j’étais un des rares, parmi mes connaissances, à ne pas glorifier Jack Kerouac. « Sur la route », bouquin générationnel s’il en est, m’avait semblé une sorte d’apologie vomitive de la crasse, de la drogue et du « no futur ». Or, j’aime la propreté et mon corps refuse obstinément d’assimiler toute substance hallucinogène et illicite. Kerouac est une vraie énigme, pour moi. Il ne raconte rien, sinon des expériences sans grand intérêt. J’ai abandonné « Maggie Cassidy » rapidement. Peut-être aurais-je du me montrer plus opiniâtre, mais les amours post-pubères des étasuniens des années cinquante me gonflent les synapses.

J’ai lu récemment un très intéressant article qui expliquait que, les années passant, les gros lecteurs délaissent de plus en plus les romans pour consacrer leurs précieuses minutes à des ouvrages plus documentés. Si je verse dans cet excès de vieillitude, je vous tiens au courant. En effet, je sens le vent des bouquins sur les animaux de la savane, sur le macramé au temps de Cro-Magnon ou sur la galette-saucisse à travers les âges me frôler.

Non, mais culturellement.

Gifnem29

5 commentaires sur “Beatnik russe

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