Trauma breton

Le sachiez-vous ?

Juan Pérez de Valencia est né à Caracas, Venezuela (les enfants), le 26 juillet 1933. Il est issu d’une longue lignée familiale d’armateurs spécialisés dans le rachat de navires célèbres. Son grand-père, Ignacio, s’est porté acquéreur, en 1904, de l’une des caravelles de l’inventeur du Nouveau Monde, la « Santa Esmeralda ». Certes, les connaissances de l’aïeul en matière d’histoire maritime étaient un peu limitées, mais il possédait un document en bonne et due forme, stipulant que le steamer appartenait effectivement à la flotte de Cristobal Columbo, marchand d’esclaves. Ignacio ne savait pas lire.

Juan n’est pas doué pour le négoce. Il veut voyager. Il désire naviguer sur toutes les mers du globe. Isidoro, son père, accepte le choix de son fils, à condition qu’il devienne capitaine, ou n’importe quel grade, tant qu’il conduit les bateaux. Juan se plie à la volonté paternelle et s’inscrit dans une école pour passer le permis bateau. Malheureusement, il échoue dix-huit fois à l’examen car il ne parvient pas à maîtriser l’exercice du créneau au guidon d’un supertanker de 300 000 tonnes. Il manque également le démarrage en côte. Son père lui offre donc son permis pour ses vingt-et-un ans, enveloppé dans un magnifique pétrolier tout neuf baptisé, l’Amoco-Cadiz.

Aussitôt Juan fait le plein et enfourche son fier destrier d’acier. Comme il est lucide quant à ses capacités à diriger un bâtiment de cette taille, il embauche un pacha irlandais et un équipage philippin. Et il sillonne. Pendant vingt-cinq ans, il sillonne les océans. Il visite tous les ports du monde, mouille dans toutes les marinas. La jet-set lui fait les yeux doux. On le voit au bras des plus belles femmes du monde, Alice Sapritch, Huguette Bouchardeau, Dave, Clarabelle ou même, murmurent certains, Yvonne de Gaulle, mais cette dernière nie encore aujourd’hui.

Toutefois, Juan finit par se lasser de cette vie de paillettes. Il décide de réhabiliter son navire pour lui rendre son statut premier : transporteur d’hydrocarbure. L’Amoco-Cadiz quitte la baie de Monte-Carlo pour rejoindre Rotterdam, destination nettement moins sexy, convenons-en. Mais à Rotterdam, il existe un terminal pétrolier, alors qu’à Monaco il n’y a que du champagne pour remplir les cuves. Une fois le mazout embarqué, Juan décide de reprendre immédiatement la route bien que dauphin futé prévoit des bouchons au large de Dieppe. Seulement, le pilote irlandais est saoul comme un polonais, c’est donc Juan qui conduit car la plupart des Philippins ont le mal de mer.

Parvenu au large de Porspoder, la fatigue rattrape Juan. Il choisit de faire une petite pause. Comme il est un garçon raisonnable et qu’il craint que son bateau gêne la circulation, il décide de mettre son clignotant et de se garer. L’espace entre les deux récifs est suffisant pour le supertanker, mais Juan n’a pas progressé en créneaux.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

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