Belle du seigneur – Albert Cohen

Belle du seigneur – Albert Cohen – Gallimard

Cet après-midi, entre le déjeuner et le bain dans la Manche, j’avais deux heures à tuer. Alors, j’ai lu « Belle du seigneur ». C’est un petit roman de 840 pages, pas très connu, d’un auteur complètement oublié. C’est l’histoire de…

Non. Je n’ai pas lu « Belle du seigneur », ni aujourd’hui, ni un autre jour. J’ai essayé, mais je n’ai pas pu.

Je n’ai pas vraiment d’explication. Ce n’est pas l’importance du pavé qui m’a rebuté. Je vous rappelle que je suis une des dix-sept personnes sur la planète à avoir lu, en entier, « Les bienveillantes ». Ce n’est pas l’auteur qui m’a repoussé, j’ai beaucoup aimé « Le livre de ma mère ».

« Belle du seigneur » fait partie d’une short-list de romans que je voulais lire, que j’ai tenté de lire mais qui me sont, littéralement, tombés des mains. Parmi ceux-ci, outre « Belle du seigneur », j’ai rangé dans mon enfer des pas-réussi-à-lire, « A la recherche du temps perdu », « Les frères Karamazov », « Le docteur Jivago », « Les grandes espérances » ou « 100 ans de solitude ».

Je ressens beaucoup de peine lorsque j’abandonne un bouquin. Un peu de remords également. Voire de la culpabilité. Je me demande pourquoi.

Pourquoi ces romans, unanimement considérés comme des chefs d’oeuvres, restent à quai dans mon cerveau ? Contrairement à des mauvais romans que j’abandonne sans scrupules, je ne me résous à remiser ceux-ci dans les bas-fonds de ma bibliothèque. Je corne la page (suprême outrage !) et je replace l’ouvrage dans ma PAL. Pourtant mon optimisme en berne me souffle que jamais je ne les reprendrai. Mais qui sait ? Un jour peut-être…

Non, mais culturellement.

Jourd’hu

15 commentaires sur “Belle du seigneur – Albert Cohen

  1. « Belle du seigneur »… jeune, je me souviens que l’on m’en parlait comme d’un roman incontournable, tellement incontournable que j’ai laissé le soin à tous les autres de le lire. C’est un peu comme ces films qu’il faut « absolument » avoir vu, tiens va donc voir Mélancholia de Lars von Trier 😀 ! ou ces endroits tellement merveilleux dont on te rebat les oreilles, qu’il te semble y avoir déjà été… alors que non, et que tu n’iras plus, le charme de la découverte ayant été exposé comme des sardines sur le grill. La Thaïlande et Bali ne me verront jamais, et pas qu’eux !
    J’ai moi aussi abandonné en route « 100 ans de solitude », là par contre j’y reviendrai. Le jour ou j’aurais épuisé le reste des ouvrages de ma bibliothèque. C’est promi-juré, mais seulement à Gaby !
    Pendant mon séjour andalou j’ai lu « Fortune carrée ». Après ce que j’ai écrit plus haut je n’ose pas en dire davantage, mais est-ce nécessaire ? Certes je ne lis plus depuis quelque temps des romans très actuels, mais j’ai été suffisamment déçue pour avoir envie de me replonger dans des lectures classiques qui m’avaient échappées quand j’étais jeune. L’an dernier c’était Cronin, puis Steinberg, etc. Des valeurs sûres.
    Sur ce, bonne nuit !

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  2. Coucou. Pour Proust, j’ai le pavé en français, en version italienne, puis en BD. Ce n’est qu’une question de temps. Pour  »Belle du seigneur », je l’ai déjà eu dans ma bibliothèque. Un ami est parti, l’emportant chez lui. Quant à  »Cent ans de solitude », je n’ai lu que dix pages, puis le bouquin a disparu. Une connaissance a hérité de volumes défraîchis de  »La comédie humaine » de Balzac (dans la Pléiade). Je les lirai quand j’aurai le temps. Il est un temps pour toute chose.

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      1. Ça se fera si cela doit se faire. Je manque de temps pour me taper le pavé de Proust. Un jour, étant de passage à Rome, j’achetai en journée à la Librairie Borri Books de la station Termini une traduction italienne de La Recherche. Le soir même, après une journée passée en réunion, je décidai de prendre un verre. Je montai dans un bus pour tomber sur un jeune dandy, moustache cirée, yeux noirs. Je me mis à lui parler de Proust. Il était ravi de lui ressembler. Patience avec les classiques. Pour mon histoire, au sortir du bus, je bus deux coupes de vin puis retour au monastère où je logeais. J’étais archiviste laïc alors. Toujours laïc.

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  3. De plus, bien des vaniteux diront lors d’une soirée :  »J’ai lu ceci ou cela. » Grand bien leur fasse. La culture est un jardin discret qui ne regarde que soi. Sois libre de lire ce qui te plaît. Pour le reste, il faut se garder des projets.

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      1. Je me fiche éperdument des titres à la mode. Sur mon blogue de lecture, j’écris autant sur des nouveautés que sur des ouvrages plus anciens, selon les envies. Tout simplement.

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  4. Belle du Seigneur, je l’ai adoré il y a quelques décennies – surtout pour la technique du flux de conscience, comme chez James Joyce (j’ai fait des études d’anglais). J’avais adoré entendre les pensées des personnages, leurs égocentrismes, leur hypocrisie ; on les voit jaloux, mesquins, prétentieux, vulgaires, surtout ce genre de choses qu’on se cache soi-même. Et puis un portrait vivant du milieu mondain suisse d’une autre époque. Pour moi, c’est un livre à lire en petite doses, pas de la première page à la dernière. C’est très savoureux. Les autres titres? Tout bon. Sauf Dr. Jivago? c’est un film, pas un bouquin. Salut a toi!

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