Soldes

Le sachiez-vous ?

Le 15 septembre 1788, monsieur Théophraste Villaiges ouvre au 171 rue de Vaugirard à Paris, la première solderie de l’histoire. Son idée est simple. Le peuple parisien éprouve de plus en plus de difficultés à joindre les deux bouts, par conséquent il lui est presque impossible de se vêtir décemment. Villaiges prend le pari de se rendre dans les hôtels particuliers des beaux quartiers pour récupérer les habits, à peine portés, afin de les proposer aux démunis à des prix défiant toutes concurrences. Le succès est immense et immédiat. A tel point que les grandes enseignes voient d’un mauvais œil ce commerce d’un nouveau genre.

Bien décidés à ne pas perdre leur clientèle, Athanase Printemps, Alcofribas Lasamaritaine, Ann-Eudes Galerieslafayette et Jean-Claude Bazardelhôteldeville saisissent la guilde des commerçants et portent plainte pour concurrence déloyale. Le poids des impôts qu’ils versent chaque année aux caisses royales encourage le grand chambellan à s’intéresser à la requête de ces contribuables chevronnés. Le roi est prévenu. Il daigne abandonner sa serrure trois points inviolable, pour apporter son soutien à ceux qui lui apportent les sous qui permettent de satisfaire les caprices de Toinette. En effet, après son village qui a coûté une blinde, v’là t’y pas qu’elle veut une fête foraine à demeure, avec Hully-Gully, auto-tamponneuses, marchand de barbe-à-papa et tir au canards.

Théophraste Villaiges est convoqué à Versailles. Après quelques menues tortures, il est condamné à aller réfléchir une quinzaine d’années à la Bastille.

Le 14 juillet 1789, monsieur Villaiges est libéré par des citoyens très en colère. Dans un premier temps, une femme propose de lui arracher une partie précise de son anatomie pour en faire des brochettes, mais; heureusement pour Théophraste, une certaine Gertrude Thénardier, la cousine, le reconnait car elle a acheté un paréo tahitien made in Prussia, à moitié prix, au mois de juin précédent chez Villaiges, rue Vaugirard. Le commerçant est autorisé à rentrer chez lui et à reprendre le cours de son négoce.

Toutefois, les citoyens Printemps, Lasamaritaine, Galerieslafayette et Bazardelhôteldeville ont très tôt senti les changements dans la société. Dès la première heure, ils ont rejoint les insurgés, sans s’exposer tout de même, afin de bénéficier de leur soutien.

Quelques jours plus tard, devant un tribunal populaire totalement corrompu, Théophraste Villaiges est condamné à la fermeture révolutionnaire de son établissement.

Nous sommes le 4 août 1789, c’est le jour de l’abolition des prix Villaiges.

Voilà voilà.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

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