Petite annonce

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

C’est fait. Radié. Je suis officiellement sans aucune ressource. Pour un mois.

Je l’ai bien cherché, en ne cherchant pas justement.

Depuis treize mois, je touche les minima sociaux, à peu près 500 euros mensuels, mais je ne me plains pas, ma situation est, en partie, de ma faute. Pour beaucoup d’entre vous, je suis assimilable à un parasite (et ce n’est pas gentil car je suis parasitophobe). Je comprends. Je n’ai bossé que 25 ans. A notre époque (comme à toutes les époques), c’est peanuts. Mais, je fais partie de ces fainéants qui n’ont jamais intégré la notion de travail. Je ne vois pas l’intérêt d’être sur Terre pour suer 8 heures par jour. Vraiment.

Notez que je ne passe pas mes journées à me tourner les pouces sur mon canapé en buvant de la bière et en bouffant de chips. Je fais ce qui me plait. J’essaye même de gagner des sous en écrivant pour ne pas (trop) vivre aux crochets de la société (donc de vous, lectorat adoré). En cinq ans, j’ai écrit quatre romans. Certes, un seul est publié, mais je ne désespère pas pour un deuxième et peut-être même un troisième.

Le problème, c’est que l’état n’a pas pour vocation de jouer au mécène. Ma situation professionnelle n’est pas prise en compte par les services de Pôle Emploi. Je leur ai bien demandé s’ils pouvaient me pistonner pour la villa Médicis mais, soit ils ne connaissent pas, soit ils estiment que mon dossier ne passera pas les sélections. Tant mieux, je n’ai aucune envie de passer une année dans un palais romain, les doigts de pieds en éventail, aux frais de la princesse.

Quoi qu’il en soit, je dois me bouger le derche. La madame que j’ai eu a téléphone, m’a bien fait comprendre qu’elle gardait mon dossier sur son bureau. En principe, elle juge sur une année complète. Donc je suis peinard un an. Mais en septembre 2022, il faudra que je présente des preuves de recherches d’emplois. Même bidonnées. La fonctionnaire ne me l’a pas dit franco, mais son discours sous-entendait qu’il était assez simple de postuler et de se faire jeter, dans des sociétés qui proposent des postes que je ne pourrai pas occuper. Belle mentalité ! Mais je suis honnête moi madame ! Enfin, plus ou moins. Une fois, j’ai traversé en dehors des clous.

Par conséquent, pas de billet aujourd’hui. Une petite annonce.

 » Cherche un emploi. N’importe lequel tant qu’il n’est pas fatigant, ni salissant, ni bruyant, ni agaçant, afin de pouvoir le refuser aimablement. Horaires souples. Rémunération décente. Solitude appréciée. Etudie toutes les propositions. Ci-joint mon CV ».

Curriculum vitae

  • né (même si parfois j’ai des doutes).
  • très bon en primaire (un an d’avance), médiocre de la cinquième à la terminale (sauf en latin).
  • Bac A2 (pourtant, j’étais tout seul face à mes copies).
  • exempté du service militaire, G5 (soit, fauteuil roulant ; G3 suffisait mais les appelés médecins ont le sens de l’humour).
  • deux années en fac de droit lors desquelles j’ai plus fréquenté les bistrots et les discothèques pour pécho, que les amphithéâtres.
  • licence de Lettres Modernes (avec une note éliminatoire, mais j’ai promis au prof de la discipline que je ne serais jamais enseignant).
  • 25 ans dans l’éducation nationale (proféceure de frencé).
  • auteur récompensé d’un excellent roman policier intitulé « Dossiers froids », en vente libre, 9,90 euros prix conseillé, dédicace sur demande après l’heure de la sieste.

Vous ne serez pas étonnés que je passe dans les rangs avec mon chapeau. En vous remerciant.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

24 commentaires sur “Petite annonce

  1. Ah je comprend ta situation, je suis libraire au chômage car avec la pandémie je n’ai pas pu avoir le cdi que le chef était sur le point de me faire signer… résultats ayant des projets de déménagement futur avec mon conjoint qui est en intérim je vais devoir accepter des jobs que je n’aime pas pour pouvoir montrer pâte blanche… car même si mon conjoint gagne très bien sa vie en intérim les propriétaires sont ultra frileux…

    Aimé par 2 personnes

  2. Salut 😉. Quel courage ! 25 ans dans l’éducation nationale… Ils t’ont viré ?
    En ce moment c’est compliqué de trouver un job avec les conneries de passe.
    J’ai beaucoup d’amis dans cette situation.
    Tu peux tenter l’aventure des auteurs indépendants 🙏
    Bon courage.

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      1. J’en connais beaucoup puisque justement je chronique pour leur visibilité. Tu as mon email.
        D’ailleurs, ils avaient fait un live sur Instagram pour expliquer le pourquoi du où du comment. Tu devrais pouvoir l’avoir en Replay. Je vais te trouver ça 😉
        Par contre si tu as un éditeur, il va falloir récupérer tes droits et donc demander un ISBN. Mais la démarche est simple apparemment. Moins simple de récupérer les droits, ça va dépendre de ton éditeur.

        Aimé par 1 personne

  3. Comme je ne peux rien faire question proposition d’emploi je me suis contenté d’aller serrer la pince (pas les menottes) d’Isidore Lune. De quoi au moins payer un bon café à son auteur (pour le calva ça dépend de la marge que prennent les éditions Ouest France).
    Commande passée sur decitre.fr, avec livraison à domicile (mais après la sieste). En attendant de nouvelles parutions.
    Bonne journée !

    Aimé par 1 personne

  4. Bonjour, et pourquoi ne pas intégrer à votre blog un espace pour une cotisation volontaire de la part de vos lecteurs qui souhaiteraient vous soutenir ? (Compte paypal par exemple)
    Mais je suppose qu’il doit falloir devenir auto entrepreneur dans ce cas précis donc cotiser également !
    Et peut-on cumuler ces revenus aléatoires avec des minimas sociaux ? Aucune idée ! 🙂
    Bonne continuation tout de même !

    Aimé par 2 personnes

    1. Ben pas vraiment. Mais il y a un montant avant l’obligation d’avoir une immatriculation. Par contre, je ne me rappelle pas du montant. Il faut simplement déclarer aux impôts.
      Ça m’a permis de démarrer et c’est le contrôleur qui m’avait renseignée.
      Une fois immatriculé, plus d’aide financière… Donc attention 😉

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      1. Et la diffusion ? C’est quand même le plus essentiel. Faudra-t-il courir toutes les librairies de l’hexagone, demander poliment à poser son bouquin sur un rayonnage ?
        Sans parler du nombre très réduit d’ouvrages à diffuser, et donc à mettre en vente. (les éditions de « LA VACHE ENRAGEE » ne sont pas encore inscrites sur les tabloïds des journaux littéraires).
        Perso, je vais chercher une autre méthode (mais chut, les empires des Bolloré, Niels et consorts nous surveillent de près!)
        Donc, attention !😉 (mince je viens de plagier votre fin de réponse ! Un procès m’attend !
        Bonne journée !

        Aimé par 1 personne

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