La garde noire

Le sachiez-vous ?

Dans les années 70, la défense centrale de l’équipe de France de football ( NON ! Ne partez pas ! Vous allez voir que le football peut mener, peut-être pas à tout, mais à des études sociétales intelligentes, documentées et, bien entendu, brillantes comme à l’accoutumée) est composée de deux joueurs noirs. Alors, n’oublions pas que le mot « noir », lorsqu’il s’agit de la couleur de la peau d’un être humain, est un élément de langage. Je ne suis ni ethnologue ni grand voyageur, mais je connais assez bien les couleurs. J’écris ces chroniques exceptionnelles au moyen d’une police de caractère dont la teinte est qualifiée de « noire » et très peu de gens se montreront contrariants en affirmant que les lettres, ici reproduites, ne sont pas « noires ». Dans ma jeunesse échevelée, j’ai connu un Kényan. Comment s’était-il échoué en Bretagne Nord, je ne saurais vous le dire, en revanche, je peux vous promettre que la carnation de son épiderme dénotait, en regard de la couleur communément admise sous nos latitudes, qui penche vers le « verdâtre clair » (ou le « rouge vif » si Râ fait des siennes). La peau de ce jeune homme n’aurait en aucun cas pu être associée aux lettres qu’expulse mon clavier. Si je fais confiance à mon nuancier, j’opterais pour « tabac d’orient » ou « grizzli énervé ». Mais pas noir. Je signale, au passage, que je refuse d’être qualifié de « blanc ». La page de ce texte est « blanche ». Ma peau n’est pas « verdâtre clair » car je suis doté d’un épiderme parfait, je choisirais quelque chose comme « vanille des îles (du ponant) » ou « pq de chez ma grand-mère quand j’étais petit », ou « rouge vif » si Râ etc…

Marius Trésor et Jean-Pierre Adams constituaient la défense centrale de l’équipe de France. Deux grands joueurs qui eurent la malchance d’évoluer sous le maillot bleu à une époque où Patrick Revelli était avant-centre, ou parfois Marco Molitor, dont mon géniteur disait qu’il avait une frappe de bonne sœur, ce qui fut son meilleur trait d’humour (pour les puristes, je reconnais que Trésor connaîtra Séville 82, mais pas Adams).

Jean-Pierre Adams est mort hier. Le décès de Belmondo a un peu occulté la nouvelle, mais il faut reconnaitre que même sans la disparition du Guignolo, les chaines d’infos n’auraient pas fait leur choux gras avec monsieur Adams. Ni avec madame Adams non plus.

Pourtant, l’histoire de ce couple est saisissante. En 1982, Jean-Pierre est victime d’un accident d’anesthésie lors d’une banale intervention au genou. Coma. Définitif. Il n’a jamais repris conscience pendant 39 ans. Son épouse est restée auprès de lui car la famille avait choisi de garder le malade à domicile. 39 ans ! Vous imaginez ? Une vie.

Je vous épargnerai le sempiternel refrain sur l’euthanasie ou sur l’acharnement thérapeutique. Comme je ne crois pas à l’argumentation, je ne vous donnerai pas mon avis ni ne tenterai de vous convaincre.

Toutefois, le dévouement de madame Adams m’a fait réfléchir. A deux choses. Le don de soi. Auquel je crois sans beaucoup pratiquer. Et l’amour. Auquel je ne crois pas. Mais je n’essaierai pas de vous expliquer ni de vous convaincre. Rassurez-vous…

Ou alors, une autre fois. Dans vingt ans.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

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