Derniers maux (version en Suisse)

Le sachiez-vous ?

Une tradition assez étonnante voulait, à l’époque de la monte-à-regret que les condamnés à mort éprouvent un besoin de graver quelques dernières paroles dans l’esprit des gens venus assister à leur exécution. Imaginez qu’à une époque, c’était un spectacle populaire et familial. Les gens, munis de leur pique-nique, venaient s’installer tôt le matin pour bénéficier des meilleures places afin de profiter au mieux du cours d’anatomie administré par l’état, par le biais du bourreau, un des rares à faire la différence entre le gros colon et Christophe Colomb. La charge de bourreau était héréditaire. Si vous naissiez fils de bourreau, inutile de vous casser la tête à faire des études, votre avenir était tout tracé. Deux ou trois chiens décapités, et hop, vous étiez diplômé. Il paraîtrait que dans un cas ou deux le bourreau n’ayant engendré que des filles, la charge fut donc attribuée à une jeune femme. Mais c’était avant #metoo.

Avant l’invention humaniste de la guillotine, il fallait de sacrés biscotos pour soulever la hache avant de l’abattre le plus habilement possible sur la nuque de la personne condamnée. Courants étaient les exécuteurs maladroits ou ivres qui devaient abattre la lame plusieurs fois avant d’arriver à leurs fins. Il fallait aussi plutôt bien connaître l’anatomie humaine car il arrivait, assez rarement cependant, qu’un supplicié soit roué vif. Cet art consistait à attacher l’homme ou la femme le dos contre une large roue en bois, et à lui casser au moyen d’une barre de fer, tous les os les uns après les autres. Un supplice très prisé par les familles nombreuses car il durait longtemps. Enfin, encore plus rarement car c’était pour punir un criminel convaincu de régicide, le bourreau devait maîtriser l’art équestre afin de procéder à l’écartèlement de celui ou celle qui avait attenté à la vie du roi. En outre, il ne fallait pas craindre le feu car il s’agissait d’être capable d’allumer correctement le bûcher d’une sorcière sans se brûler les doigts, et ce quel que soit la météo.

Sachiez-vous d’où vient la croyance qu’un pain retourné sur une table porterait malheur ? Encore une histoire liée au bourreau. Le boulanger de la ville était dans l’obligation de confectionner spécialement, chaque jour, un pain pour le bourreau. Afin que personne ne s’empare dudit pain, il le retournait sur son étal. L’histoire ne précise rien quant au Boursin.

Je pourrais vous en conter de belles sur les bourreaux, ils me passionnent. Mais revenons au sujet du jour.

Il est de notoriété publique que Marie-Antoinette, en montant à l’échafaud, aurait marché sur le pied de son bourreau et se serait exclamée : « Excusez-moi monsieur ». Tout le monde sait aussi que Robespierre (ou Jean-Marc Thibault, je ne sais jamais) aurait dit à son bourreau : « Tu montreras ma tête au peuple, elle en vaut la peine ».

Mais il en est d’autres, moins connues, ou tout bêtement inventées de toutes pièces par votre serviteur.

Louis 14 (ou un autre roi, ne chipotez pas) à l’homme qui avait essayé de l’assassiner et qu’il connaissait fort bien :

— « Par égard pour notre vieille amitié, je vous laisse le choix. Comment désirez-vous mourir ?

– De vieillesse votre majesté ».

Un condamné à la guillotine aperçoit dans l’assemblée une petite femme qui se hisse de son mieux sur la pointe des pieds pour jouir du spectacle :

— « Un peu plus sur votre gauche madame ».

Un bourreau à un condamné à l’écartèlement :

— « J’ai la douleur de vous annoncer que vos quatre membres vont se désolidariser de votre corps. Votre bras droit se dirigera vers l’ouest, votre bras gauche vers l’est, votre jambe droite vers le nord et votre jambe gauche vers le sud.

– Vous devriez consulter une boussole ! »

Un lord anglais condamné pour haute trahison, à son bourreau :

— « Veuillez vous presser, monsieur, sinon vous raterez l’heure du thé ».

Une sorcière condamnée au bûcher :

— « Pourvu qu’il pleuve ».

Un bourreau à un criminel condamné à la pendaison.

— « Rassurez-vous la corde est solide.

— Je sais, c’est moi qui l’ai tressée ».

Un bourreau à une femme condamnée à la pendaison :

— « Pardonnez-moi, madame, un léger incident technique retarde votre exécution. Je fais au mieux pour remédier à ce désagrément.

— Prenez votre temps. Mais veuillez appeler la maquilleuse pour un raccord ».

Un bourreau à un condamné :

— « Une cigarette ?

– Non merci, c’est mauvais pour la santé ».

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

11 commentaires sur “Derniers maux (version en Suisse)

  1. Il faut savoir qu’à l’époque ou il fallut choisir une façon plus humaine d’exécuter les condamnés à mort il existait un autre moyen rapide et « humain » de tuer les condamné : la pendaison avec une trappe.
    Le condamné tombait à travers la trappe et son propre poids lui brisait la nuque.
    Mais la pendaison était la mort des vilains et la décapitation celle des nobles.
    On a choisi la décapitation.
    Jusqu’où va le snobisme…

    Aimé par 3 personnes

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