A Grume (ou pas loin)

Le sachiez-vous ?

Le pamplemousse est un fruit.

Après, je lis des commentaires malveillants qui affirment que je n’apprends jamais rien à mon lectorat adoré. C’est un peu fort, je trouve. Levez la main ceux qui ne savaient pas que le pamplemousse est un fruit. Bon, j’ai compris. Je creuse.

Les premières traces de pamplemousses remontent au mésozoïque, un mardi, sur la côte nord du Paraguay. Je précise, immédiatement, aux grincheux qui vont déverser leur haine dans les commentaires en stipulant que le Paraguay n’est bordé par aucune mer, qu’il faut voir un peu plus loin que le bout de son nez. Les plaques tectoniques bougent. Voilà déjà presque vingt-cinq ans que le port d’Asuncion s’est asséché. Jusqu’en 1995, la marina de la capitale paraguayenne est le rendez-vous de toute la jet-set mondiale. Le festival de Cannes s’y déroule et les Anglais s’y promènent. Tout le monde sait ça.

Bref, au mésozoïque, les stégosaures ont pour habitude de manger des petits diplodocus au petit déjeuner, mais, et c’est compréhensible, les diplodocus mâles se plaignent car à force de perdre leurs enfants, ils ne parviennent pas à monter une équipe de foot. Et certaines femelles râlent aussi, car elles se sont attachées à ces petits machins qui les aident à faire la vaisselle et la lessive. Depuis quelques millions d’années, déjà, le temps passe si vite ma bonne dame, les diplodocus sont parvenus à domestiquer un gros fruit sauvage jaune et plein de bon jus, quoique un peu amer, mais il faudra attendre deux ou trois milliards d’années, et la naissance de monsieur Béghin-Say pour que le sucre en poudre soit créé. Contre toute attente, les stégosaures apprécient le fruit, et délaissent leurs anciennes coutumes petits-déjeunatoires, contre un demi-pamplemousse matutinal, et quelques œufs de ptérodactyles, bien entendu.

Beaucoup plus tard, mais les historiens n’arrivent pas à se mettre d’accord sur la date, à l’époque où les hommes cohabitent avec les dragons, Jean-Claude, éleveur de dragons indépendant (car il refuse de payer la dîme annuelle à la guilde des éleveurs de dragons), célibataire endurci (car il refuse de dépenser ses sous pour une noce) prend son petit-déjeuner. Jean-Claude ne le sait pas, mais il descend d’un stégosaure. C’est pourquoi il mange un demi-pamplemousse. Soudain, Billy, son dernier né, passe en rase-mottes au dessus de la table et se fracasse la tête contre le lustre. Il s’écorche le cou et une goutte de sang tombe sur le fruit coupé. Aussitôt, la pulpe se teinte d’une couleur rosée fort jolie. Le pamplemousse rosé était né et la fortune de Jean-Claude était faite.

Dans cette étude scientifique, j’ai utilisé à plusieurs reprises, pour le côté pratique, le terme « pamplemousse ». Toutefois, les lexicologues se battent pour élucider l’origine de ce mot mystérieux. Depuis peu, la théorie du Belge Jean-Claude Van Home tient la corde. Cet éminent historien, spécialiste de la marine paraguayenne, a découvert qu’un vaisseau transportant des pamplemousses paraguayens s’est échoué sur la côte luxembourgeoise en l’an de grâce 1966 (très grande année). Le journal de bord, miraculeusement retrouvé intact, spécifie le nom de certains membres de l’équipage. Je vous transcris ici, in extenso, la liste en question.

  • Jérôme, commandeur.
  • Henri, bosco.
  • James, cook.
  • Jacques, marin.
  • Marais, marin.
  • Pamp, le mousse.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

4 commentaires sur “A Grume (ou pas loin)

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