Eux y en a vouloir des sous

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Un homme vient de retirer toutes ses économies de son établissement bancaire car il ne fait plus confiance à l’institution financière. C’est son droit. 60 000 euros, c’est une belle somme, mais ce n’est pas non plus l’argent de poche hebdomadaire du fils de Messi.

Je ne connais pas ce monsieur, mais je doute qu’il soit un baron de la drogue ou un proxénète international. Les sous qu’il possède maintenant en liquide, je suppose qu’il les a gagnés honnêtement, comme vous et moi. Enfin, surtout comme moi.

Jean-Claude, appelons-le Jean-Claude pour plus de facilité, se trouve confronté à un problème inattendu. Bon, en vrai, tout le monde sait qu’en France, il est interdit de s’acquitter, lors d’un achat, d’une somme, en liquide, supérieure à 1000 euros. Or, Jean-Claude a prévu d’investir dans la pierre. Vous avouerez que, dans l’hexagone, il est assez difficile de trouver un logement coûtant 1000 boules. A part un cabanon au fin fond des Cévennes ou un F2 à Bron, je ne vois pas. Donc, Jean-Claude se retrouve gros Jean comme devant.

Dura lex sed lex comme on dit à Berlin.

Toutefois cette histoire m’escagasse les terminaisons nerveuses.

Que le gouvernement, et ses prédécesseurs, contrôle les mouvements financiers sur le territoire, soit. Mais qu’il casse les pieds d’un pauvre type qui se prend pour un rebelle, quand les GAFA et autres milliardaires s’arrangent pour payer un minimum d’impôts à Bercy, j’avoue que j’apprécie moyennement.

Ayant, jusqu’à présent, été plutôt régulier dans mes transactions financières, je ne me suis jamais posé la question de l’interdiction bancaire, de la honte d’être souligné en rouge à la banque de France. Comment vivre sans carte(s) de crédit ni carnet de chèques dans ce monde 2.0 ? Comment payer ses factures ? Ses abonnements ? Une voiture ? Une rivière de diamants ?

Jean-Claude réfléchit, ses 60 000 euros bien rangés sur la table de la cuisine, devant lui. 1 000 billets de 50 et 400 billets de 20. Il n’est pas très doué en maths, Jean-Claude, mais il a bien l’impression qu’il s’est fait enfler par madame Boulier, la banquière. Il se sent seul Jean-Claude. Il ne vouait rien révolutionner. Il en avait juste assez d’être racketté par la banque. Tant pour suivi de compte. Tant pour frais de compte. Tant pour la carte de crédit. Tant pour le pot de départ de monsieur Enfoiros, responsable du contentieux. Tant pour la piscine du big boss.. Tant + tant + tant + tant + tant = beaucoup trop.

Alors, Jean-Claude regarde son tas de fric. Jusqu’ici, il a mené une vie honnête, sans vagues, tranquille. Ce soir, il va arpenter les rues pour trouver de la dope et une pute. Il pourra payer en liquide.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

3 commentaires sur “Eux y en a vouloir des sous

  1. Oui, vivement le retour des bas de laine! Si monsieur Jeff Bezos empilait sa fortune personnelle en coupures de 20 dollars US entre son sommier et son matelas et qu’il avait la mauvaise idée de tomber en bas de son lit nuitamment, des étudiants désoeuvrés ont calculé qu’il mettrait plus de trente secondes à atteindre le sol.

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