Huisseries

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me raconte.

L’autre jour, j’ai fait allusion à un épisode de ma vie trépidante, il est l’heure de vous en dire plus.

En 2003, je me suis installé à Saint-Brieuc, riante cité des Côtes d’Armor. Je voulais trouver à me loger dans le centre ville pour pouvoir profiter de la vie briochine nocturne fort intéressante. Des appartements à louer ne manquaient pas, cependant le parc locatif avait un peu de plomb dans la façade. Je jetais mon dévolu sur un 65 m2 un peu décati, mas qui présentait l’avantage de se situer au centre du triangle d’or : bistrots, librairie, boulangerie. Le paradis.

Avant de signer le bail, j’obtenais de la patronne de l’agence immobilière, la promesse de travaux urgents : des fenêtres neuves, une nouvelle peinture pour la porte du garage et une barrière ou un système de fermeture pour empêcher les incivils de venir se garer n’importe comment dans la cour intérieure privée.

Prenons les choses à rebours.

En 14 ans, rien n’a jamais été fait pour clore la cour. Pendant 14 ans, régulièrement, le matin, je trouvais un véhicule garé, non pas sur une des places de parking vacante, mais pile devant mon garage, n’empêchant de sortir ma voiture pour me rendre au boulot. J’ai appelé les flics, une fois. Ils sont venus. Sympas. Sauf qu’ils m’ont dit que, comme il s’agissait d’un endroit privé, ils ne pouvaient rien faire dans l’immédiat. Il fallait que je porte plainte, ensuite ils viendraient mettre de la peinture sur un pneumatique et, 14 jours plus tard, si le véhicule n’avait pas bougé d’un millimètre, la fourrière viendrait s’en occuper. Super. Une autre fois, j’étais tellement en pétard que j’ai essayé d’ouvrir la poubelle (c’était presque une épave) qui obstruait mon issue, qui miracle n’était pas verrouillée. J’ai poussé le tacot jusqu’au centre de la cour. Lorsque je suis revenu à midi, un jeune gars qui n’avait pas totalement dessaoulé cherchait à en découdre avec un autre mec qui lui était rentré dedans en reculant. Inutile de préciser qu’aucun des deux n’habitait l’immeuble. J’ai beaucoup ri.

La porte du garage ne sera jamais repeinte. Elle était en si triste état qu’un bonhomme plutôt agréable, bien que garé au mauvais endroit, me dit qu’il pensait que les lieux étaient déserts, voire sinistrés. Et un autre malpoli à qui je demandais de bouger sa BMW me demanda si je faisais partie de la Jet 27 (sic).

Au bout de sept ans, j’ai pris rendez-vous avec la virago de l’agence pour parler fenêtres (elles avaient allègrement fêté leurs cinquante ans). Elle a (mal) joué la surprise, m’affirmant qu’il n’avait jamais été question de changer les huisseries. J’ai frôlé les vingt ans de placard, mais j’ai su garder mon sang-froid. Un an plus tard, une équipe de bras cassés venue de Saint-Etienne (juré) s’installa dans un appartement libre (à ce moment douze sur dix-huit étaient libres !) et attendit les fenêtres, faites sur mesures, qui devaient arriver de Pologne. Personne n’était venu prendre les mesures chez moi, partant du principe que les apparts étaient tous semblables. Les mecs disparurent au bout de quinze jours de fiestas ininterrompues. Les fenêtre arrivèrent un an plus tard et, évidemment, elles ne correspondaient pas. A la fin, ça devenait presque marrant. Finalement, quelques mois avant mon départ, et alors que la propriétaire cherchait à vendre son bien, et donc ne prenait plus de locataires (nous n’étions plus que deux locataires sur dix-huit possibles), un artisan du coin vint installer de belles fenêtres toute(s) neuves (bon, des premiers prix tout de même).

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

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6 commentaires sur “Huisseries

  1. C’est vrai ça, que tu as une vie trépidante ! Je n’arrive pas à suivre ! 7 ans (… de réflexion, sans doute) pour prendre rdz-vs pour tes fenêtres… tu es une flèche, soit dit en tout respect ! 😉 Tu sais (non, tu ne sais pas) que moi j’aurais fait le siège de l’agence jusqu’à ce que tout soit mis en ordre dans les délais. Il y a des trucs qui me fichent en rage (les promesses non-tenues). Et là, je ne lâche pas le morceau jusqu’à satisfaction (et j’obtiens, même si ce n’est pas tjrs exactement ds les délais, mais 7 ans !)

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  2. Bon, je suis chanceuse, ma proprio n’a mis que 3 ans pour remplacer 2 paires de volets en pin tout pourris parce que son mari avait voulu économiser 2m de zinguerie quand il a rénové une vieille grange pour la convertir en habitation… j’ai du mélèze en pur plastique à la place, collé au silicone (c’est côté jardin, on ne voit pas la différence de la rue), et dans moins de 10 ans il faudra les refaire !!! 😉

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