La dèche et Thierry

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Voilà un petit moment que je ne vous ai pas parlé d’un de mes lieux favoris. Cet endroit idéal pour les rencontres, notamment le samedi après-midi, lorsque l’on aime le look salopette et bottes en caoutchouc. Vous l’avez compris, je parle de la déchetterie.

Naguère, je vous contais que j’y passais tellement de temps que j’envisageais d’y construire une résidence secondaire avec les moyens du bord vu que chez Thierry, on trouve de tout pour ériger un petit pied-à-terre : parpaings, tôle ondulée, planches etc…

Seulement ce n’est pas possible, parce que Thierry a veut pas qu’on touche à ses affaires.

La déchetterie de L. est constituée d’un demi-hectare sur lequel différents containers et différents espaces permettent aux citoyens de se débarrasser de tout un tas de cochonneries, mais pas que. Vu le temps que je passe là-bas, je commence à bien maîtriser les lieux. Et comme je suis un garçon observateur, j’observe. Et il s’en passe de drôles, permettez-moi de vous le dire.

L’autre jour, une pile impressionnante d’une cinquantaine de palettes obstruait en partie la sortie. Je hélais Thierry qui fumait une cigarette accoudé à la benne « déchets toxiques ». Thierry est un homme sans âge particulièrement antipathique. Il possède un casier judiciaire long comme son bras couvert de tatouages grotesques. Je n’ai rien contre les gens détenteurs d’un casier judiciaire, en revanche, j’estime que s’en vanter est d’un goût douteux. D’un pas nonchalamment calculé, il a daigné s’approcher de moi. Non, je déconne. Il n’a pas bougé d’un pouce. J’ai donc comblé les vingt mètres qui nous séparaient et je lui ai demandé, fort poliment, s’il était possible d’embarquer une palette, UNE. Il a remué son index. Comme j’exprimais la souhait qu’il se montrât un peu plus loquace, son majeur désigna un panneau, en partie effacé, qui stipulait que si le lieu est dévoué à la dépose des saloperies, il est strictement interdit de se servir dans les immondices, sous peine de poursuites.

Sauf que. J’observe.

A de (très) nombreuses reprises, j’ai constaté que Thierry aidait Untel a calé un frigo ou un meuble dans la cariole, qui curieusement, était arrivée vide. Mon œil perçant a même distingué le billet qui changeait de main.

Mauvaise langue, dites-vous ?

Voici une dizaine d’années, j’ai vidé la cave de ma mère. J’y ai trouvé, notamment, deux pompes à bière, vieilles d’au moins quarante ans, couvertes de toiles d’araignées, et qui n’avaient jamais servi. Convaincu qu’elles étaient hors d’usage, je les ai portées à la déchetterie. Ce n’est pas Thierry qui y officiait alors. Ne sachant dans quel container balancer ces deux trucs qui pesaient deux ânes morts, je questionnais Jean-Claude quant à la direction à suivre pour décharger mes machines. Lorsqu’il apprit de quoi il s’agissait, Jean-Claude m’aida à les extraire de mon véhicule, chose extrêmement rare, et à les déposer avec précaution… à côté de sa cabane de chantier. Candide comme je suis, je rentrais pour remplir à nouveau mon coffre de saletés encombrantes. Lorsque je suis revenu, les deux pompes à bière avaient disparu. Et, croyez-moi, elles n’avaient pas rejoint le container adéquat.

Une palette destinée à la déchiqueteuse ! Mais WTF !

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

4 commentaires sur “La dèche et Thierry

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