70 balais

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Je tiens JJG pour le plus grand parolier francophone vivant. Vivant, parce que tous les autres sont morts. Moustaki, Delanoë, Berger, Renaud et tant d’autres dont l’histoire (et moi surtout) ne retiendra pas les noms sont tous au paradis des manieurs de mots.

Je ne connais pas toute les chansons écrites par JJG, notamment celles qu’il a offertes à Céline Dion. En effet, mon médecin m’interdit formellement d’écouter les chanteuses québécoises sauf Robert Charlebois.

En revanche, je possède l’intégralité de la production qu’il s’est écrite pour lui-même. Mais je ne l’écoute jamais car je n’écoute jamais de musique, sauf en voiture. Radio Nostalgie.

Je ne connais pas bien le cahier des charges de Radio Nostalgie, mais il me semble que les programmateurs de ce medium peuvent diffuser toutes les chansons qu’ils veulent dans la mesure où elles ont au moins trente ans, un peu de poils au menton, au minimum vingt-cinq dents et qu’elles ont connu Guy Lux. Ah, et ils doivent respecter des quotas (pardon, je m’absente pour soigner une crise d’urticaire)… Me revoilà. Les quotas donc (oups, un rototo, je crois que je vais vomir, excusez-moi quelques minutes)… Oublions les quotas à la mords-moi-le-nœud sinon je vais m’énerver.

Monsieur JJG a écrit des textes qui mériteraient d’être étudiés dans tous les collèges de France et de Navarre. Je ne m’en suis pas privé d’ailleurs, dans une autre vie.

A mon avis, trois chansons se détachent de l’ensemble de sa discographie. Trois oeuvres qui frôlent la perfection rarement atteinte, sauf pour « Tirlipimpon sur le chihuahua » de Carlos, le fantaisiste décédé, pas le terroriste vivant.

Il s’agit de :

« Comme toi », déchirante chansonnette sur la disparition d’une petite fille de huit ans dans les camps de la mort nazis. « Mais d’autres gens en avaient décidé autrement ». Texte exceptionnellement bien écrit pour faire comprendre à des gamins ce qui peut se cacher derrière de simples mots.

« Juste après », texte étonnant écrit après avoir vu un reportage à Envoyé Spécial, je crois, qui montrait une bonne sœur blanche, officiant en Afrique, qui s’escrimait pendant dix minutes à sauver un nouveau-né mal en point. Elle y parvenait. Mais ses gestes avaient quelque chose de mécanique, d’administratif. Dans sa chanson, JJG s’interroge sur ce que cette vieille femme a pu faire après avoir sauvé la vie de cette gamine. « Elle a écrit une lettre, fini un bouquin peut-être, une cigarette ». Plusieurs années plus tard, l’émission a retrouvé les protagonistes de ce reportage. La jeune fille se portait à merveille et la bonne sœur ne fumait toujours pas.

« Né en 17 », ma préférée. JJG est juif. Sa famille a beaucoup souffert des persécutions nazies. Et il écrit « Et si j’étais né en 17 à Leydenstadt, sur les ruines d’un champ de batailles, aurais-je été meilleur ou pire que ces gens, si j’avais été allemand ». Bien entendu, il ne fait pas référence aux nazis, mais à toute cette population, à la fois embrigadée et terrorisée, qui n’a rien fait, ou pas suffisamment, pour combattre la barbarie. Cette chanson propose à chacun d’entre nous de se projeter dans la peau de son voisin, et de se poser les bonnes questions.

Sachiez-vous que JJG était atteint d’un léger défaut de prononciation ? Si vous étudiez sa discographie, vous vous rendrez compte qu’il évite au maximum le son « ch ». Sauf dans la chanson « Sache que je », et de manière générale dans son dernier album.

JJG se cache à Londres et fuit les media. Et il a bien raison.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

16 commentaires sur “70 balais

  1. Je me rappelle, j’étais gamine, JJG chantait avec un groupe de jeunesse nommé Taïphong. Et il avait une chanson qui s’intitulait « Sister Jane ». Celle-là, même si les paroles étaient dans une étrange langue étrangère, je ne suis pas prête de l’oublier !

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