Weed

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Je ne suis absolument pas partisan d’une dépénalisation ou d’une légalisation des drogues dites douces. Je suis persuadé que le chichon, la beuh, le hash, le shit, quel que soit le nom qu’on lui donne est un véritable fléau pour la société. Toutefois, les fléaux, il faut savoir les combattre. Et, actuellement, le combat est perdu.

Les forces de l’ordre, quoi qu’on en dise, sont impuissantes face au trafic de cannabis. Les résultats annuels de la lutte contre cette saloperie sont ridicules. A peine 5% de la marchandise circulant sur le territoire est saisie et détruite. Les trafiquants semblent bénéficier d’une (presque) impunité, et les peines de prison sont, pour eux, des faits d’arme, des fiertés.

Au moins une autre drogue « douce » est en vente libre en France. L’alcool. Les ravages de l’alcool sur la population sont systématiquement minimisés par les pouvoirs publics. Soit. C’est pour protéger la filière vinicole et les emplois associés. On ferme donc les yeux sur les dizaines de milliers de morts, de blessés, de victimes collatérales (femmes battues par exemple) liées à la consommation de spiritueux. Les caisses de l’état ne se relèveraient pas d’une prohibition ou, paradoxalement, d’une taxation supplémentaire. L’alcool ou la défonce ultra légale.

Alors, pourquoi ne pas faire la même chose avec le cannabis ? Quitte à ne pas maîtriser les addictions « douces », autant qu’elles remplissent les poches de la république. Une production, un conditionnement et des ventes dirigés par l’état auraient le mérite de faire rentrer de l’argent, de créer des emplois, tout en limitant le trafic qui pourrait être plus durement réprimé. Et la police des stups se dégagerait du tems et de l’énergie pour lutter contre les vendeurs de mort moins « douce ». Sans compter que la gendarmerie remplirait également les caisses de l’état en arrêtant des conducteurs sous l’emprise de stupéfiants se croyant dans leur bon droit, puisque c’est légal comme l’alcool. Mais pas au volant. Comme l’alcool. Et comme dirait un copain, le gouvernement hésiterait à vendre du vieux pneu ou de la crotte de chameau.

C’est étonnant la dope. Si elle n’existait pas, il faudrait éliminer, à peu près, la moitié de la production cinématographique et littéraire de l’humanité. La drogue inspire. Pas ceux qui en prennent, ceux qui en parlent. Amusez-vous à faire la liste des films et des livres de votre panthéon qui abordent le sujet plus ou moins directement, vous serez étonnés. Toutes les oeuvres de fiction sans exception abordent le même sujet, la mort. La plupart évoque également l’amour, on se demande bien pourquoi, c’est d’un ennui… L’argent vient en troisième position des sujets les plus récurrents. Ensuite, ce sont les addictions nocives.

Remarquez, les addictions rejoignent souvent la mort. Et l’argent. L’amour, moins.

J’ai lu que toutes les civilisations, sans exception, se sont débrouillées pour se procurer des substances, généralement hallucinogènes, issues de plantes. Puis, la science aidant, des petits génies ont ajouté des produits chimiques dans le but de démultiplier les effets et de créer des dépendances. Forcément, l’argent est entré en ligne de compte.

N’ayant jamais été séduit par les paradis artificiels, j’avoue que je ne comprends pas très bien la relative clémence dont font preuve les autorités vis à vis des vendeurs de drogue. N’est-ce pas une forme de meurtre ?

Bon, où j’ai foutu ma seringue moi ?

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

4 commentaires sur “Weed

  1. En Californie, on légalise le cannabis depuis plusieurs années. Maintenant, nos éclaireuses vendent des biscuits aux accros quand ils sortent des « dispensaires ». Je ne plaisante pas du tout ! (Le lien ici est en anglais, parce que je ne trouve aucun article en français. C’est quand même une honte.)

    https://www.marketwatch.com/story/5-reasons-this-girl-scout-who-sold-cookies-outside-of-a-marijuana-shop-is-a-marketing-genius-2018-02-06-12881824

    Aimé par 1 personne

  2. Un sujet qui reste encore malheureusement trop tabou, il faut en parler… c’est dur de se sortir de tout ça et la société n’y aide pas. Je n’ai pas de plan miracle mais il faut arrêter de mettre un mouchoir dessus et d’en parler comme de personne qui ne veulent pas s’en sortir… il reste du chemin à faire

    Aimé par 2 personnes

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