Quel calvaire !

Le sachiez-vous ?

Lorsque l’on se promène dans la campagne bretonne, il est très courant de rencontrer de curieuses sculptures, généralement sises à un carrefour (plus rarement à un Leclerc). Souventefois le touriste, voire l’autochtone de moins de 85 ans, s’interroge sur la raison de cet art rural.

Titiller depuis fort fort lointain par ce mystère, j’ai entrepris une enquête de fond, notamment en compulsant la presse locale : « Le petit breton illustré », « Crêpes, kouign-aman et kig-ha-farz », « Les dernières nouvelles de Locminé » ou « L’Ankou magazine ».

J’y ai passé des nuits blanches et des journées noires. J’y ai laissé ma santé et mon porte-monnaie. Et j’ai tout découvert.

Lors d’un voyage en Grèce, j’avais été frappé par le nombre d’ex-voto le long des routes de montagnes. Je croyais qu’il s’agissait de mini-mausolées du souvenir dressés par les familles des victimes des accidents de la route. Il n’en est rien. Ce sont les rescapés de ces drames qui remercient la providence de leur avoir laissé la vie sauve.

Les curieuses oeuvres d’art, généralement en forme de croix, allez savoir pourquoi, disséminées aux quatre coins de la Bretagne occupent une fonction similaire, et ce depuis la nuit des temps.

Il faut bien comprendre que les routes et chemins bretons sont très encombrés depuis l’invention du croisement indonésien, en 762 après Astérix. Seulement, ces voies de circulation étaient, dès les origines, extrêmement étroites. Les charrettes remplies de choux-fleurs et les carrioles pleines d’artichauts peinaient à se croiser. De plus, les pen calet (têtes de bois) léonards de Plougourvest refusaient de céder le passage aux genaoueg (imbéciles) léonards de Locmélar. S’ensuivaient des prises de bec, envenimées par le gwin ru, le cidre et le chouchen qui coulaient dans les veines des protagonistes respectifs de l’esclandre. Très vite les bourre-pif, les gnons, les coups de boule se mettaient à pleuvoir, et, quelques fois, un Yann, ou un Loïg, devait passer la nuit dans le fossé afin de récupérer de ses émotions.

Le lendemain, après avoir cuvé, le vainqueur se rendait chez un tailleur de pierres afin de lui commander un monument à sa gloire qu’il installerait, sans s’embarrasser d’un permis de construire, sur les lieux du pugilat, afin que chacun puisse prendre connaissance de ses exploits. Les artisans du granit de l’époque manquaient cruellement d’imagination. En réalité, ils ne possédaient qu’un logiciel assez sommaire qui ne proposait qu’une forme de sculpture. Une croix donc. Certains, tout de même, osaient l’originalité en disposant, au pied de la croix, des personnages exaltés, les mains jointes, comme pour jurer qu’ils ne boiraient plus.

Autrement dit, toutes ces saloperies couvertes de mousse et de lichen qui enlaidissent nos campagnes ne sont que la preuve de l’alcoolisme de nos ancêtres. Cet alcoolisme a, aujourd’hui, disparu . La preuve ? Vous avez déjà vu un calvaire tout neuf vous ?

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

4 commentaires sur “Quel calvaire !

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