Bâtiments de France (et de Navarre)

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Sachiez-vous que le littoral français est classé monument historique ?

Je m’explique.

« Les bâtiments de France » sont une institution qui a pour fonction de prendre soin de notre patrimoine. Fort bien. Elle régule, notamment, les constructions à proximité des trésors nationaux. Par exemple, si vous désirez construire votre demeure à côté d’un monument classé, vous devez souscrire à un cahier des charges assez conséquent, de même pour le mobilier urbain ou les travaux de la DDE, entre autres. Fort bien. Il est vrai que certaines constructions modernes jureraient au contact des fiers vestiges de l’histoire. Imaginez une pyramide de verre dans la cour du Louvre ou un homard géant en plastique à Versailles. Risible.

Même si « Les bâtiments de France » sont des casse-pieds patentés, soyons justes, et reconnaissons que leur travail est utile si nous voulons conserver des traces de notre glorieux passé, de ses massacres et de son sang versé.

Toutefois, « Les bâtiments de France » se mêlent aussi de ce qui, a priori, ne les regarde pas. Le littoral.

La petite station balnéaire dans laquelle je réside une bonne partie de l’année bruisse de mécontentements. Les exemples sont si nombreux que je vais essayer de vous en conter deux ou trois particulièrement frappants.

Un voisine, dont la maison n’est pas en bord de mer, mais au-delà de la nationale jouxtant la plage a fait une demande pour percer sa toiture d’un vasistas. Voyez-vous, une grande partie des maisons du coin sont d’anciennes demeures de pêcheurs qui, dégoutés de la mer, faisaient en sorte que leur résidence tourne le dos à l’eau, allant jusqu’à refuser de créer la moindre ouverture susceptible de donner à voir le bleu de l’océan. Aujourd’hui, les nouveaux propriétaires veulent une vue sur mer. D’où ce malheureux velux. Devinez ? Son permis de construire (obligatoire car elle modifiait l’aspect de sa maison) lui fut refusé.

Un autre voisin a fait les mêmes démarches et a obtenu gain de cause dans la mesure où la fenêtre à bascule ne dépasse pas l’affleurement du toit. Autrement dit, le vasistas mal élevé qui s’approprie trois centimètres du bon air breton, niet, le vasistas bien sage qui ne s’octroie pas l’espace public, ok, mais pas tout le temps.

Vous avez bien lu, « Les bâtiments de France » sortent leur double-décimètre pour faire suer le péquin moyen qui veut apporter de la lumière à son logement.

Encore un autre voisin a fait une demande de permis de construire pour une terrasse en dur à l’arrière de sa maison, un endroit parfaitement invisible si l’on ne se trouve pas dans la (petite) propriété. Refus. Vous savez ce qu’il a fait ? Il s’est passé de permis. Dans le pire des cas, il fera durer le dossier une vingtaine d’années. Il a 75 ans.

Mais rassurez-vous, si vous connaissez quelqu’un à la mairie, au cadastre, aux affaires maritimes, aux « Bâtiments de France », la tradition du pot-de-vin se perpétue très bien.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

7 commentaires sur “Bâtiments de France (et de Navarre)

  1. Parfois (souvent), il suffit de faire appel à un architecte DPLG* qui déposera lui-même le dossier… qui passera du premier coup !
    « Les loups ne se mangent pas entre eux… » !

    * Et de débourser entre 1000 et 3000 euros d’honoraires (ce qui pour la pose d’un Velux à deux balles peut paraitre cher… mais bon, faut savoir ce qu’on veut aussi !).

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