Nostalmour

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, j’ai du nostalmour.

Depuis que ma célébrité a dépassé celle de Patrick Topaloff, je suis submergé de courriers. Beaucoup d’entre vous m’interrogent sur ma haine de toutes formes de religions. Le site wordpress m’a signalé qu’il ne disposait pas de suffisamment de place pour que je développe l’intégralité de mes récriminations.

J’ai donc choisi de vous exposer une particularité de ma vie qui explique, en partie, cette détestation. J’ai conscience de l’immodestie du procédé et ne serais pas scandalisé, outre mesure, que vous préfériez regarder le téléfilm de France 3 (téléfilm dont le format, bien que je n’en aie jamais vu aucun, conviendrait parfaitement aux aventures d’un certain Isidore Lune ; j’écris cela, je n’écris rien).

En 2001, j’ai rencontré une charmante demoiselle. Nous skiions de concert grâce à un organisme qui permet de dévaler les pentes enneigées pour une somme modique, UCPA (celui ou celle qui dit, ou même pense, « ah oui Un Coup Par An » est banni à vie de ce blog, non mais). Cette jeune femme a une particularité, elle ne skie pas. Ce qui est assez curieux lorsque l’on vient en vacances à La Plagne. Je la remarque un soir alors qu’elle joue au Trivial Pursuit avec ses amis. Je suis derrière elle, et je lui souffle des (bonnes) réponses. Fou rire. Le lendemain, nous faisons équipe et gagnons haut la main car nos connaissances sont parfaitement complémentaires. A nouveau le lendemain, elle me propose un défi assez amusant, nous deux contre le reste du centre sur un camembert. Nous perdons 6/4 mais nous récoltons une salve d’applaudissements bon enfant. Comme la soirée se termine, je lui propose une balade au clair de lune, par moins 7. Rien de définitif se passera, mais nous saurons, l’un et l’autre que nous avons trouvé notre âme sœur. Alors, où est le problème me direz-vous ? Le problème, c’est qu’elle a déjà un homme dans sa vie, un jeune barbu mort depuis un paquet de temps selon la légende. Croyez-le ou non, avant de me rencontrer, elle envisageait sérieusement de rentrer dans les ordres. Nous commencerons une histoire, assez belle je crois, mais je ne supporterai jamais la présence de l’autre. Je ne peux pas vraiment l’expliquer, je regrette beaucoup. Curieusement, ma mère devait rentrer dans les ordres, également, lorsqu’elle a rencontré mon géniteur…

Voilà, je me lève de mon divan. Je vous dois combien ?

Ah non, pardon, ce n’est pas fini.

En 2002, je rencontre, sur mon lieu de travail, une charmante demoiselle. Sincèrement, c’est le coup de foudre. Réciproque. Nous nous fréquentons (c’est mignon, hein ?) pendant quelques semaines. Mais, au bout d’un moment, pour aller plus loin, il faut se rapprocher. La jeune femme m’annonce, embarrassée, qu’elle garde sa pureté jusqu’au mariage. Je suis déconcerté, mais amoureux, alors, peu importe. A cause de son prénom et de son patronyme, je suis persuadé qu’elle est juive. Stupidement, je lui demande si c’est pour cela qu’elle a des principes. Je n’oublierai jamais son regard horrifié. Elle est protestante. Pire, Huguenote. Son nom de famille est néerlandais, son prénom, juste biblique. Très vite, je comprends certaines choses. La Bible sur la table de nuit, l’appel de son père tous les soirs, sa méconnaissance assez étonnante, mais aussi charmante, du monde moderne, ses préjugés parfois révoltants que je mets sur le compte de sa candeur. Toujours peu importe, toujours amoureux. Un peu sceptique, tout de même. A partir de ce jour, elle me raconte sa vie d’avant. Avant qu’elle ne soit nommée à 500 kilomètres de son père. C’est proprement hallucinant. Vous voyez « Witness » avec Harrison Ford, c’est presque cela. Une vie en totale autarcie familiale. Un père despotique qui dit lui-même la messe à la maison car au temple, ils ne sont pas assez rigoureux (un doute sur la « messe protestante », désolé, en tout cas le chef de famille décide de tout). Au bout de six mois, je lui fais comprendre que je veux faire ma vie avec elle. Elle est très heureuse. Un seul détail, je dois rencontrer son père. Je bloque. Je regrette beaucoup.

Voilà, cette fois, c’est bien fini. Merci, vous m’avez fait du bien.

S’il vous plaît, ne me dites pas, en commentaires, que « j’aurais dû ceci », que « j’aurais pu cela ». J’y pense tous les jours depuis plus de vingt ans. Je me traite de tous les noms.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

22 commentaires sur “Nostalmour

      1. Non, une autre secte qui vient de jansénistes. La plupart à Paris, cachés, se mariant les uns avec les autres. J’ai un bouquin dessus. Faut que je le lise, je n’ai lu que l’avant propos. J’ai cru entendre qu’une chaîne d’infos allait sortir un documentaire dessus, ces jours-ci, en plus. Ça s’appelle « La famille ». Depuis plus de deux siècles.

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