Jours sacrés

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

J’ai toujours adoré les vacances. C’est d’ailleurs pour cette raison que je suis devenu prof. Faut pas se leurrer, 80% des profs n’ont aucune vocation sauf celle de se la couler douce dix-huit semaines par an. Si je n’avais eu que cinq malheureuses semaines annuelles de repos, j’aurais préféré un boulot qui se termine le soir en rentrant à la maison sans des paquets de copies stupides à corriger.

Mes préférées étaient les vacances d’été, parce qu’elles étaient les plus longues. Quoique fortement écourtées depuis mon enfance. C’est vrai qu’à partir du 14 juillet, la rentrée se rapprochait à grands pas, mais que voulez-vous, il faut bien gagner sa pitance.

Il paraît que les vacances sont faites pour se reposer. Moi, je me reposais de mes vacances au boulot. Franchement, ce n’était pas tuant de faire cours à des gamins. En six semaines, je pouvais recharger mes accus en tentant de leur inculquer les rudiments de la langue française. En pure perte. Bien sûr, en pure perte, ils étaient à l’école eux, et pas payés. Pour bien faire, il faudrait que les cours aient lieu pendant les vacances, là les gamins sont réceptifs. Six semaines d’école à la maison, suivies de deux semaines de vacances à l’école. C’est simple pourtant de gérer les rythmes scolaires. La nuit aussi, ce serait une bonne idée. Vu qu’ils dorment, ils ne casseraient pas les noix de enseignants en dépression sévère. Oui, sévère, car la dépression légère n’est pas une maladie professionnelle dans l’éducation nationale, c’est une condition d’embauche. Mais le meilleur de tous les moments pour enseigner à vos gosses, ce serait le matin de Noël. Deux heures de cours après le déballage des cadeaux, nickel. Tout le reste en vacances.

Ils ne me demandent pas non plus, ces andouilles du ministère. J’ai toutes les solutions (cf mon excellent opuscule « Deux ou trois choses que je sais d’elle ou éducation nationale mon amour », sur demande uniquement, et en dématérialisé, 24,90 euros en liquide, je ne rends pas la monnaie, prix à débattre, dédicace personnalisée sur demande sans supplément ; en vous remerciant).

52 semaines dans une année, 5 semaines de congé pour une grande majorité de nos contemporains (comptant pour rien). Vous trouvez cela humain vous ? Oui, toi bien sûr, le patron esclavagiste exploiteur de la main d’œuvre soumise à la dictature du grand capital (je ne crois pas un mot de ce que j’écris, sans patron pas d’employés, ou alors des kolkhozes comme au bon vieux temps stalinien).

Allez, bonnes vacances à tous mes lecteurs retraités. Vous avez bien mérité de vous reposer un peu.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

16 commentaires sur “Jours sacrés

  1. Mais c’est honteux, abominable, voilà pourquoi ça ne va pas dans l’éducation nationale, que des tire -au-flanc doublés de dépressifs légers 🙂 Par contre 5 semaines de vacances c’est vrai que c’est honteux suis d’accord ! ça vaudrait le coup de se pencher sur le sujet sérieusement.

    Une autre chose à quoi je pense, c’est qu’il faudrait faire un travail qui soit tellement plaisant qu’on ne l’appellerait pas travail.

    Ca ne se trouve pas sous le sabot du premier cheval venu, mais bon ça aussi ça vaut le coup d’y penser.

    Quitte à moins gagner que tous ces profs surpayés à ne rien faire par exemple, moi si c’était à refaire je quitterais tout et je me ferais propriétaire de maison close par exemple. On voit du beau monde, c’est pas fatiguant et les filles sont plutôt choisies sur le volet pour être avenantes, ce qui rend les conditions de travail proche de la sinécure.

    Enfin bon je dis ça, de quoi je me mêle après tout. 🙂

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      1. Ben, tu vois, c’est bien ce que je dis : que des profs !
        Tu l’as peut-être déjà oublié mais moi zaussi, j’y suis passé ! (Relire, STP, mon excellente, et très rafraîchissante, nouvelle : Qui veut la peau d’Ernest Salgrenn ?

        Aimé par 1 personne

      2. Bah! Moi j’ai été prof. Prof professionnel! Avec tous les diplômes y relatifs!
        Et je n’ai jamais eu à utiliser des gros mots du genre ‘oxymore’ pour jouer au plus malin. Je n’enseignais que des matières dans lesquelles j’étais meilleur que mes élèves, c’est tout!
        Je travaillais entre 4 et 6 heures par jour, dimanches et jours fériés compris, et ceci pendant 4 ou 5 mois par année, sans me plaindre!

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