Leclerc (dé)foncé

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Ce matin, je suis allé faire des courses chez Leclerc.

Ce que je ne savais pas, c’est que la grande surface vient, tout juste, de révolutionner le principe de grande distribution.

J’avais prévu d’acheter des légumes pour faire une soupe. Figurez-vous que le rayon légumes était directement exposé sur le parking. Quelle audace ! Les pommes de terre et les navets étaient étalés sur le bitume. Des tracteurs équipés, à l’avant, de pelles dentées faisaient office de vendeurs. Quelle modernité ! Ils avaient même déjà prévu un liquide, indéterminé, qui assaisonnait la marchandise.

Rien à voir. Apparemment. La nuit dernière, vers deux heures, mon ouïe fine a été assaillie par un brouhaha incongru. Les nuits sont plutôt calmes par ici. Le derniers tirs d’armes automatiques datent de la libération. Les rodéos automobiles sont devenus silencieux avec les véhicules électriques. Et mon voisin est mort.

Mais quoi t’est-ce alors ?

C’était les paysans du coin qui partaient en « raya » (« raya », langue familière, nom commun féminin signifiant « fête », « fiesta », « choune », « piste » etc).

Par chez nous, lorsque les paysans roulent, en tracteurs, la nuit, ce n’est pas bon signe. En général, il s’agit d’une expédition punitive. Ou les « 24 heures de Plozévet », mais c’est en mai.

Les agriculteurs ont repeint le centre Leclerc. Et bien encore. C’était un bordel sans nom. Légumes mazoutés, purin, déchets en tous genres, belles-mères, huiles de vidange, cadavres(d’animaux, pas de belles-mères, rassurez-vous).

Je ne cautionne ni la violence ni les dégradations. Toutefois, je comprends la colère des cultivateurs. Ces gens se cassent le dos pour produire de quoi nous nourrir. Il est inique que leur labeur ne soit pas rémunéré à sa juste valeur. Franchement, c’est un truc que je n’arrive pas à comprendre. Mais je n’y connais rien aux tractations commerciales. Je me souviens d’une histoire qui m’avait frappé. Il y a quelques années, les producteurs d’artichauts étaient très encolère et déversaient leur marchandise un peu partout. Je me demandais pourquoi ils ne vendaient pas, même à perte, pour récupérer un peu de brouzoufs. La raison était simple. S’ils choisissaient de détruire les légumes, l’Europe les remboursait.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

5 commentaires sur “Leclerc (dé)foncé

  1. Mes parents, au début des années 60, tenaient l’un des premiers (sinon le premier ?) supermarché de Bretagne (au Relecq-kerhuon). Il s’agissait d’un ancien cinéma reconverti ! C’est à cette époque que j’ai commencé ma fabuleuse collection de porte-clés publicitaires. Il y avait une caissière qui s’appelait Denise, et le boucher m’amenait quelque fois à l’école en Matra 530 (jaune). Ce sont mes seuls souvenirs des grandes surfaces bretonnes*…

    * Mais, si ça peut aider…

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