La peinture à l’huile, c’est bien difficile

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Je me demande si la fascination et la frustration ne sont pas les deux faces d’une même pièce.

Parmi les nombreux regrets qui jalonnent ma vie, le plus grand est celui de ne pas être un artiste, un peintre de préférence. Les gens qui savent dessiner, esquisser, peindre, me fascinent. Mais ils me frustrent aussi. Si le talent, un crayon à papier à la main, s’évaluait de un à cent, je pense obtenir une note négative. J’ai, un peu, essayé de retranscrire sur du papier Canson, ce qui tombait sous mes yeux de myope corrigé. Jamais rien de bon n’en est sorti. Jamais. A peine un soupçon de calligraphie malhabile.

C’est désespérant. Rageant. Injuste. Que je sache nous avons tous, enfin presque tous, au moins une main et un cerveau. Alors pourquoi, en matière d’art, les connexions de ce cerveau fonctionnent-elles différemment selon les individus ? Pour qu’il y ait des plombiers, des notaires et des VRP en bidets, et pas uniquement des gribouilleurs vivant aux crochets de mécènes adipeux qui apprécient l’art pour gonfler leur compte en banque.

Ce n’est pas tant le résultat qui me fascine. C’est la capacité conjuguée du cerveau et de la main, pour créer, qui me fascine. J’aime Dali autant que Hermann, Géricault autant que Bilal, Rembrandt autant que Léo, Folon autant que Giraud (les seconds nommés sont des dessinateurs de bandes-dessinées). Mais j’adorais aussi regarder mon collègue croquer Sarkozy (en diable) et Fillon pendant les interminables et inutiles réunions pédagogiques. Je ne comprenais pas qu’il ne tente pas de percer dans le dessin de presse, d’autant qu’il vénérait Charlie-Hebdo. Il avait un talent fou dont il semblait ne pas se rendre compte. J’apprécie tout autant observer ma petite cousine dessinant des chats plus vrais que nature, un petit bout de langue dépassant de ses lèvres vermillon.

Lorsque je me réincarnerais, je demande, instamment, au préposé aux réincarnations, de me donner la capacité de dessiner, de peindre même. Pas dans ma prochaine vie, non, je serai un suricate. Mais dans la suivante. Florence au 15è siècle, ce serait bien. Si c’est possible. On peut se réincarner à n’importe quelle époque. La preuve, j’ai été un dromadaire asthmatique sous Ramsès II (sous le règne de Ramsès s’entend) et Frénégonde, une prostituée morte de la syphilis à quinze ans, sous Louis XI (non non, sous le roi lui-même).

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

9 commentaires sur “La peinture à l’huile, c’est bien difficile

  1. Amusant car hier justement lors d’une longue conversation avec une amie nous évoquions toutes les deux les difficultés de notre incarnation sur terre… Nous avions toutes deux lu que ces difficultés auraient été choisies par notre âme avant incarnation dans le but de nous améliorer et de nous élever. Dingue non ?! 🙂 Je ne veux convaincre personne, mais pourquoi ne pas y croire ? 🙂
    Nous envisagions donc toutes les deux notre future incarnation avec de bonnes capacités sportives et d’endurance ! 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. Le plaisir de la peinture c’est aussi la qualité du pinceau, en poils de raton laveur de martre ou de soies de porc. (Evitez le poil d’hérisson) Las, tous ces types de pinceaux sont désormais inaccessibles aux amateurs. Les influenceuses de Dubaï les ont confisqués pour créer des œuvres magnifiques (prononcer mague-ni-faïque) : fards de paupières, teint rosé des pommettes et ongles vernis. Perso, je peins avec mes pieds, bien que j’aie suivi dans ma jeunesse les cours de Boronali, au 1910 rue Roland Dorgelès., une école très réputée.(Salgreen en parlerait mieux que moi)
    Bonne journée ! 🦝

    Aimé par 3 personnes

    1. Oui, je pourrai bien sûr en parler beaucoup mieux, monsieur Karouge (car, comme tout ce que je fais, je le fais toujours mieux que les autres). J’ai peint moi-même souvent par le passé. Enfin, je veux dire j’ai peint des auto-portraits de moi-même, seul véritable sujet qui méritait attention. Aujourd’hui, je passe de la lasure incolore une fois par an sur mes volets. Mais, cela est aussi de l’art, voire de la l’art de haute-voltige lorsque je décide de m’attaquer à ceux du premier étage, monté sur un échafaudage branlant (et presque aussi haut que celui de la chapelle Sixtine). C’est mon petit côté Michel-Ange. Je vous salue bien.

      Aimé par 3 personnes

  3. Mais c’est bien plus beau daladi ladi dalado que la peinture à l’eau, ah, aloha!

    ( j’ai la même frustration pour toute forme d’art ou de création…mais je ne désespère pas d’un jour ….trouver ma voie!)

    Carabi de carabo rien n’est plus beau que la retraite au flambeau!

    Aimé par 2 personnes

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s