EHPAD dans la gueule

Je ne sais pas vous, cher lectorat attentif, mais moi, parfois, je me demande.

Les vieux sont des produits comme les autres. Je ne vois pas où se trouve le problème.

Des messieurs-dames, plein de sous, profitent de la manne que représente le vieillissement de la population pour gagner encore plus de pépettes. Rien de nouveau sous le soleil pâle de l’hiver de la vie.

Le cycle de l’existence est assez étrange. L’enfant qui vient de naitre a besoin de ses parents pour manger, se laver, aller aux toilettes. La personne âgée qui entrevoit le bout du tunnel a besoin de ses enfants pour manger, se laver, aller aux toilettes. Sauf que l’humain moyen rechigne à la deuxième partie de la tâche. Alors, il relègue à des professionnels formés pour faire manger et laver les fesses des anciens abandonnés, et ce, pour un salaire de misère.

Plus tard, le gamin scolarisé mange, à la cantine, tout un tas de saloperies qui finissent, non pas à la poubelle comme on veut bien nous le faire croire, mais dans le ventre des cochons élevés dans la région, car rien ne se perd (je ne sais pas si cette tradition perdure mais lorsque que j’étais pensionnaire, l’établissement arrondissait ses fins de mois en vendant les « restes » aux éleveurs de porcs). Les seniors délaissés sont regroupés dans des « salles de restaurant » où des employés éreintés leur servent des purées, quel que soit le menu, car certains n’ont plus de dents, ni de mutuelle.

Sachiez-vous que la plupart des EHPAD adorent que leurs résidents reçoivent de la visite à l’heure des repas ? De cette manière, ils demandent aux enfants, neveux, amis, de donner la becquée à pépé ou mémé.

Voilà. Enfant, vos parents vous donne le sein ou le biberon, vieux, vos enfants vous donne une purée de gigot flageolets à la petite cuillère.

Quand ma grand-mère, veuve depuis 1988, s’est éteinte en 2007, à 93 ans, est vivait, alternativement, chez ses deux filles, et même, encore quelques mois, chez elle, grâce à la bienveillance de nièces, petites-nièces et de voisines, qui s’arrangeaient pour la visiter au moins tous les deux jours et l’emmenaient faire ses courses au supermarché voisin.

J’ai bien conscience que toutes les familles ne peuvent pas prendre soin de leurs anciens. Mais j’ai, également, bien conscience, que toutes les familles ne veulent pas prendre soin de leurs anciens.

Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve. Si jamais mes os me soutiennent encore plus plusieurs décennies, un jour ou l’autre, je franchirai les portes d’un EHPAD. Comme le Goncourt m’aura échappé trente-huit fois, je serai indigent. Donc, seul un établissement de troisième zone acceptera ma future dépouille. Le genre qui sert une part desséchée de tarte aux pommes un dimanche par mois. J’en tremble déjà. Très peu pour moi.

Euthanasie, suicide assisté, cachet de cyanure livré avec le premier versement de retraite ? Je ne sais pas… Je me demande même s’il existe une solution.

Non, mais sérieusement.

Gifnem29

15 commentaires sur “EHPAD dans la gueule

  1. Au départ il y a eu un mouvement du coeur généreux et simplement humaniste pour établir des droits sociaux, ce fut le Front Populaire
    Aujourd’hui le populisme en a vomi les bienfaits EN JOUANT SES BILLES DU CHACUN PREND TOUT
    Le fric est le seul étalon…
    N-L

    Aimé par 2 personnes

  2. Un ehpad c’est pour les personnes dépendantes. À un moment donné, les familles craquent, surtout si un alzheimer devient ingérable. Et on peut choisir le public et l’associatif, il y a moins de chance que l’argent des protections et de la nourriture passent dans les poches d’actionnaires. À mon âge, je dois dire que je balise. Si d’ici 20 ans on me diagnostique une maladie dégénerative, je prendrai mes cliques et mes claques pour éviter l’enfer.

    Aimé par 1 personne

  3. Je comprends le coup de gueule ! Nous, c’est le contraire, on se fait éjecter vers l’heure des repas pour ne pas perturber le service.
    Mon père a gardé ma grand-mère chez lui pendant 3 ans (jusqu’à son propre épuisement) mais Alzheimer +++, cela revenait à faire plus preuve de maltraitance (elle a des besoins spécifiques et tombait régulière) que de bienveillance. Par contre, je suis d’accord, beaucoup de familles se lavent les mains de leurs aînés.
    Quant à la fin, souhaitons la paisible pour tous, dans son lit en pas trop mauvais physique et mental…

    Aimé par 1 personne

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